dimanche, 26 mars 2017, 17:03 GMT

 

Lits et armoires démontés, portes cassées, effets de toilettes ou ustensiles de cuisine jetés çà et là, tel est le désarroi dans lequel, s’est réveillée une famille sise dans la commune de Kaloum, précisément dans le quartier Manquepas, Conakry, a-t-on constaté.

 

Manquepas1Pour cause, la concession appartenant à la famille Lawson dont le grand-père Ernest Lawson fût le premier à construire une maison à étage dans la localité, est aujourd’hui portée à conflit. Selon les explications de la famille, " le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, Me Abdoul Kabèlè Camara se dit nouveau propriétaire du domaine qu’ils occupent depuis des siècles’’, a-t-on appris.

 

C’est aux environs de 4 heures du matin, qu’un contingent d’hommes en uniforme a débarqué pour tout casser. Il était accompagné d’une bande de jeunes sortis de nulle part. Elisabeth Soumah, aînée de la famille, la septuagénaire revient sur les faits. « Vers 4 heures du matin, un minibus chargé de policiers et de jeunes a débarqué chez nous. Un d’entre eux a sauté dans la cour pour ouvrir le portail. Ils ont commencé à casser les portes et j’ai été réveillée par ce bruit puis je suis descendue entre temps pour avertir mon responsable spirituel. A mon retour, ils avaient enlevés toutes les portes. Ils ont tout cassé et mis tous les effets dehors. Ils ont vidé les chambres, démonté les lits et les armoires », explique-t-elle.

 

Ce déguerpissement sauvage intervient au moment où les deux parties en conflit se trouvent en justice. « Le dossier est en justice. Le 1er décembre dernier, le directeur de la Sûreté, le commissaire Kassé nous a convoqués pour quitter les lieux. Il nous a accordés une semaine et après j’ai été lui demander de surseoir à cette décision jusqu’en fin janvier, en attendant que la justice fasse son travail. Ça me fait mal que la justice ne compte pas dans ce pays », déplore Mme Elisabeth.

 

Dans cette mésaventure, la famille Lawson affirme avoir perdu deux téléphones, des sommes d’argent, une vaisselle détruite ainsi que la cuisinière de la maison qui a reçu le portail sur son pied. Après cet incident, ils ont été assistés par les voisins qui les ont aidés à remettre les choses en place avant d’informer le député Baïdy Aribot et le vice-président de la délégation spéciale de Kaloum.

 

20170119_135056Pour l’heure, la famille sollicite l’appui des autorités pour rentrer dans ses droits. « Nous demandons qu’on nous cède notre maison, elle nous appartient, elle n’a jamais été vendue. C’est l’héritage de notre grand-père, Ernest Lawson. On ne mérite pas cette humiliation et même si on devait sortir, ils doivent le faire dans la légalité puisque nous sommes aussi des Guinéens. On est tous nés et grandis en Guinée. Ils n’ont pas le droit de nous maltraiter, de nous brigander », affirme l’aînée de la famille.

 

Pour la petite histoire, cette concession appartenait depuis l’époque coloniale à M. Ernest Lawson qui aurait contractée une dette de 2.500 Sily (première monnaie guinéenne) à un certain M. Camara à son vivant. Après son décès, les enfants de M. Lawson auraient réglé la dette. Mais les enfants de M. Camara se contenteront de traduire la famille Lawson en justice sous prétexte que la maison aurait été vendue à leur papa. Ils vont revendre la maison à un autre M. Kaba qui à son tour, va la céder à un Libanais dans les bras duquel, le ministre Kabèlè l'aurait racheté pour en faire un parc pour son immeuble flambant neuf contigu à ladite concession.

 

Mame Diallo

Conakry, Guinée

Mame Diallo