Conakry: six pays ouest-africains en conclave autour de l’excision

08 novembre 2017 19:19:52
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Des représentants du Sénégal, de la Sierra Leone, du Mali, de la Guinée-Bissau, de la Gambie et de la Mauritanie œuvrant dans le cadre de la lutte contre les mutilations génitales féminines, entament depuis ce mardi 8 novembre un conclave de trois jours  à Conakry. Objectif, échanger sur les violences basées sur le genre en général, et les mutilations génitales féminines (MGF) en particulier. Ce sommet doit aussi permettre aux pays participants de définir des stratégies nouvelles afin d’éradiquer cette pratique dans leur espace géographique.

La ministre de l’Action Sociale, entourée du Secrétaire général des Affaires religieuses, de son homologue de la Communication et de l’Ambassadeur des Etats-Unis en Guinée, a, citant le rapport d’une enquête démographique de santé réalisée en 2012, rappelé  qu’en Guinée, 97 % des femmes sont victimes des MGF. Ce qui classe la Guinée au rang de deuxième pays dans le monde, après la Somalie et le premier dans la sous-région ouest africaine.

Pourtant, dit-elle, le pays a ratifié toutes les conventions, tous les instruments juridiques de protection des enfants et des femmes.  « Autant dire que nous avons beaucoup d’efforts à fournir et que les stratégies qui seront définies au cours de cette rencontre, aideront sans doute à monter à l’échelle dans le processus d’abandon de l’excision », espère Mme Sylla, Mariama Diaby.

Pour l’Ambassadeur des Etats-Unis en Guinée, son pays ne peut qu’encourager les efforts des africains dans cette lutte.  Il dit être conscient que ce n’est pas seulement avec les efforts des étrangers qu’on peut changer les habitudes mais plutôt avec les leaders africains. Dennis Hankins a, par ailleurs, salué les progrès qu’enregistre le pays dans la lutte contre l’excision ces derniers temps.

Le ministre de la Communication Rachid N’diaye, représentant le Premier ministre à cette cérémonie, a, quant à lui, affirmé que les MGF constituent un frein au développement du pays au regard de l’ampleur et des conséquences que ce fléau occupe dans en Guinée.

Pour lui, c’est une évidence que  l’éradication de ce fléau nécessite en  plus des stratégies spécifiques, une coopération transnationale à travers des échanges d’expériences et de bonnes pratiques entre les pays ayant en commun la pratique de l’excision.

De son côté, le conférencier, président du comité interafricain, l’un des initiateurs de cette réunion sous-régionale, Pr Morissanda Kouyaté a mis en doute le pourcentage des femmes victimes de MGF en Guinée. Pour lui, ce chiffre n’est plus valable.