Conakry : c’est parti pour le programme de renforcement des capacités des Petites et Moyennes Entreprises

03 novembre 2017 22:22:05
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Un programme de renforcement des capacités d’une soixantaine de Petites et Moyennes Entreprises (PME) est lancé ce vendredi 3 novembre à Conakry. Il est organisé dans le cadre de la convention tripartite associant la compagnie Bel Air  Mining, le Cabinet Intellact et le Projet d’Appui aux PME (PAPME), a-t-on constaté.

 

Dans son allocution de bienvenue, le Coordinateur du PAPME, Mamadou Dian Diallo, a affirmé que les signataires de la convention tripartite mettront tout en œuvre pour que la démarche entamée soit non seulement un succès dans les différents bassins miniers, mais aussi autour des grands programmes agricoles et d’aménagement du territoire.

Selon M. Diallo, le PAPME sous la tutelle du ministère l’Industrie, des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion du Secteur Privé, vise à apporter un appui rapproché aux PME à travers l’établissement des Centres d’Appui aux PME (CAPME) à Conakry et à l’intérieur du pays. «L’objectif principal est d’assurer aux PME guinéennes, l’accès aux marchés et au financement», a-t-il indiqué.

Prenant la parole, le représentant du Bureau Intellact Consulting, Ibrahima Camara, a témoigné que  le ministère de l’Industrie, des Petites et Moyennes Entreprises, et de la Promotion du Secteur Privé, la Banque Mondiale par le biais du Projet d’Appui aux PME, leur donnent l’opportunité d’apporter un accompagnement pour faire tomber chacune des barrières sur le chemin de leur croissance qui est celle de la croissance de l’économie guinéenne.

Dans la même logique, M. Camara a fait remarquer qu’ils suivent de près et même de très près ce que le Gouvernement entreprend pour lever ces barrières à la croissance. «Nous avons la chance d’avoir un premier ministre qui comprend exactement ces problématiques puisqu’ils les gérait… », a-t-il rappelé.

 A en croire Ibrahima Camara, l’avenir des PME se repose sur deux piliers, un environnement favorable et une population active qualifiée.

Pour sa part, le représentant de la Compagnie Bel Air Mining,  Lamine Dieng a annoncé que les premiers minerais de sa société sise dans la préfecture de Boffa seront sur le marché mondial au mois d’août 2018. «A l’heure où je vous parle, nous sommes dans les constructions des infrastructures minières qui sont exécutées à 40%. Au mois d’Août 2018, les premiers minerais seront sur le marché mondial».

Poursuivant, M. Dieng a porté à la connaissance de l’assistance que sa compagnie est une société qui prend en compte les préoccupations des communautés. Pour preuve, a-t-il fait savoir, la société Bel Air Mining a été citée récemment sacrée par un cabinet privé comme la meilleure société minière qui remplit les conditions allant dans le sens du contenu local. «Je rappelle que nous avons beaucoup de projets qui s’inscrivent dans le cadre du renforcement des capacités communautaires», a-t-il insisté.

Dans son discours de lancement des travaux, le Secrétaire général du ministère de l’Industrie, des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion du Secteur Privé, Alsény Sylla, a souligné que les principales contraintes du développement des PME en Guinée sont la faiblesse des capacités de gestion des entrepreneurs, le faible niveau de production des biens et services répondant aux normes et qualités exigées par les marchés. En conséquence, a-t-il mentionné, ces faiblesses nuisent non seulement à l’accès au financement mais aussi, à l’accès au marché et aux opportunités de partenariat.

Toujours dans son intervention, M. Sylla qui s’exprimait au nom de son ministre,  dira que le contenu local n’est pas seulement la mise en place de la couche de sous-traitance mais, il s’appuie sur les conditionnalités. «Aujourd’hui, le gouvernement a affiché toute sa volonté à accompagner le secteur privé en général et  les Petites et Moyennes Entreprises en particulier en mettant en place un contenu local minier sectoriel mais aussi, une stratégie de contenu local», a-t-il détaillé.

Pour clore, Alsény Sylla a déclaré que les autorités guinéennes ne peuvent pas empêcher une entreprise étrangère de venir soumissionner dans le pays. Toutefois, il soutient que si nos entreprises ont le niveau,  il n’y a pas de raison qu’elles n’accèdent pas à la commande publique et privée. «Le rôle de l’Etat est d’accompagner les entreprises locales  afin qu’elles soient compétitives», a-t-il précisé.

  • CONDÉ ABOU

    Dire que ce Département n’a pas l’expertise nécessaire et formidable dont le pays a besoin pour comprendre les enjeux du développement de la PME-PMI, serait de l’injustice et du mensonge.

    Je connais très bien l’actuel Sécrétaire Général de ce Département de la PME-PMI, mon frère et ami Alsény Sylla. Il a construit son robuste background dans cette filière stratégique pour tout pays en développement, quasiment pendant plus de 25 ans ! C’est tout dire.

    Bien entendu comme lui, il y a tant d’autres hauts Cadres qui font la fierté de la Guinée, soit devant l’ONUDI, le BIT, l’OMC, et les multiples organisations internationales qui travaillent en Afrique et au sein de l’Union Européenne et de la BAD ou de la Banque Mondiale sur la question stratégique du renforcement des capacités des PME-PMI.

    Quel est en réalité, le plus dur pour la Guinée sur ce créneau ? C’est l’absence notoire de budgets d’investissements publics sur une longue période. Et c’est pourquoi ce Département ne fait pas de résultats visibles au niveau des PME-PMI et des milieux scolaires et universitaires qui sont les sources du départ.

    Le pays manque cruellement de Lycées Techniques et de Centres de formation bien équipées et qui préparent la main d’oeuvre qualifiée dont le marché du travail a besoin.

    Le système de conservatoires modernes des arts et métiers dédiés à l’artisanat et au PME-PMI, ne fonctionne pas. Sans compter que l’environnement juridique, que dis-je judiciaire des affaires ne permet pas au système bancaire de prendre le risque bancaire en faveur des PME-PMI, sur un niveau élévé ou compatible avec les besoins de financement de l’Économie réelle.

    Regardez le niveau du crédit accordé par le système bancaire aux investissements industriels productifs depuis des décennies dans ce pays. Il n’a jamais dépassé les 25 à 30% du portefeuille des engagements bancaires en Guinée. Ce qui suppose que presque 70% du crédit alloué à l’Économie se retrouve dans le commerce import-export, ou dans les achats des bons du Trésor Public.

    Bref, le pays tourne en rond, exactement comme le serpent qui se mord la queue pour rappeler une belle formule d’un éminent Banquier de la place.

    DE QUOI CE PAYS A URGEMMENT BESOIN EN TEMRES DE DEVELOPPEMENT DES PME-PMI ?

    Que des budgets d’investissements colossaux de la part de l’Etat pour financer la formation des Jeunes artisans, des Elèves entrant dans les grandes Ecoles, et surtout pour financer le secteur industriel et l’outil de production.

    Comment pouvez-vous faire des résultats, là où le tissu industriel ne bouge pas ?
    Nous sommes énormément en retard par rapport à tous les principaux pays de la Sous région en matière d’investissement industriel. Les budgets de ce Département clé, sont dérisoires en Guinée, en comparaison de l’échelle des valeurs dans les pays comme le Sénégal, le Mali, la Côte D’Ivoire, le Burkina Faso, et le Ghana.

    Le secteur industriel ne fonctionnera pas vraiment, tant que cette vision de l’Etat Guinéen ne changera pas. Il est illusoire de croire que la croissance économqiue dans ce pays, deviendra robuste grâce au secteur minier. Le secteur minier peut s’écrouler à n’importe quel moment en Guinée comme partout ailleurs, selon les tendances du marché des matières premières et de la demande des marchés Asiatiques notamment.

    Prenez le background du succès du secteur industriel et des PME-PMI au Maroc et comparez-le aux investissements inimaginables faits dans l’industrie lourde de l’Algérie, pendant les 5 dernières décennies. Vous en tirerez vous-mêmes les conclusions qui sautent aux yeux !

    C’est tout le problème de la Guinée qui a fait de mauvais choix économiques depuis longtemps, et c’est pourquoi, l’on ne sera jamais d’accord avec les pouvoirs publics qui continuent de construire leurs discours économiques sur le rôle du Secteur privé alors que tout le monde sait que ce secteur n’a aucune base industrielle contrairement à ce qui s’est passé dans l’histoire du développement industriel en Europe, en Amérique et en Asie.

    Notre système ne peut pas avancer encore moins aller au delà de l’organisation de séminaires et de forums dont les conclusions et les diagnostics sont connus d’avance.

    Bon courage mon frère Alsény Sylla, mais la PME-PMI, dans ce pays, a encore un énorme gap organisationnel, culturel, financier et technique à combler.

    Bonjour à mon frère Conté, à Messieurs Sangaré Dian Kalil, Bérété Aguibou, Bérété Lanciné et Mr. Koїvogui, ainsi qu’à la grande soeur Fatou. Bien à vous.