Communiqué de presse : le Groupe International Français Total fait son entrée dans le domaine de l’exploration en République de Guinée

06 octobre 2017 17:17:03
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Vendredi, 6 octobre 2017,  l’Office National des Pétroles de Guinée (ONAP) et le Groupe International Français TOTAL ont signé une convention d’études portant sur l’évaluation sismique des zones profondes et ultra profondes au large du plateau continental guinéen.

Les termes de l’accord  avec le partenaire sont les suivants :

Total disposera d’un an pour effectuer une première évaluation du potentiel du bassin  à partir des données  sismiques existantes.

Les données  de l’évaluation seront partagées avec l’Office National des Pétroles (ONAP) et serviront à mieux apprécier les potentialités en hydrocarbures du pays.

À l’issue de cette période, le Groupe aura la possibilité de souscrire à trois (03)  blocs pour un programme d’exploration en conformité avec le code pétrolier Guinéen  et les termes de l’accord.

Total assurera également la formation du personnel  de l’ONAP pour le renforcement des capacités opérationnelles dans le domaine de l’exploration et apportera son assistance technique dans le cadre de la mise en place d’un centre national de données.

À préciser que Total est le leader dans l’amont pétrolier en Afrique de l’Ouest (Angola, Nigeria, Congo, Gabon, Sénégal) notamment pour le développement de gisements par grands fonds.
M. Diakaria Koulibaly, Directeur Général de l’ONAP et M. Kevin McLachlan, Directeur de l’Exploration à l’Exploration-Production (EP) de TOTAL se félicitent de la signature de cet accord et s’engagent à conjuguer les efforts pour sa mise en œuvre au bénéfice des parties.

Source : Cellule de Communication du Gouvernement

  • CONDÉ ABOU

    C’est une excellente nouvelle pour le pays, qu’il faudrait saluer au regard des grands enjeux de l’exploration et de la production pétrolière en Guinée et des perspectives de relèvement des cours du pétrole et du gaz qui se profilent petit à petit sur le marché international.

    Dans un précédent post sur Guineenews, daté du 22 Septembre dernier et qui commentait la teneur d’une Convention signée entre l’Office National des pétroles de Guinée (ONAP) et un Cabinet Français, Beicip Franlab, et après l’échec du forage du premier puits par Hyperdynamics, j’avais abondé dans le même sens en suggérant à la Direction Générale de l’ONAP, l’ouverture du marché à la concurrence internationale.

    C’est un grand pas qui vient d’être accompli par l’ONAP, un passage obligé pour le pays, mais il reste beaucoup à faire encore. L’on pourrait aisément le constater en analysant l’expérience de la Côte D’Ivoire et du Sénégal en matière d’exploration pétrolière dans les eaux profondes et de partage de production avec les compagnies privées.

    Quel est l’état des lieux dans l’exploration et le partage de production en Côte D’Ivoire et au Sénégal, deux pays dont les projets en cours de développement devraient inspirer la Guinée ?

    Quelle est la situation en matière d’exploration et de production pétrolière en Côte d’Ivoire ?

    Les tout derniers contrats de partage de production qui ont été signés avec le Gouvernement Ivoirien ont porté sur 19 blocs sur un total de 33 disponibles et qui ont été octroyés à 11 sociétés pétrolières depuis la fin de l’année 2011.

    À ce jour, le pays produit, avec quatre blocs en exploitation, 45.000 barils par jour en moyenne sur ses réserves prouvées de 100 millions de barils. Les exportations de pétrole représentent quant à elles environ 30 pour cent des recettes d’exportation de l’Etat, et le Gouvernement espère produire plus de 200.000 barils par jour d’ici à 2018.

    L’autre élément très important des développements en cours en Côte D’Ivoire, c’est que selon la réglementation du nouveau Code Pétrolier, 75% des emplois sur les plates-formes en offshore devraient être attribués aux Ivoiriens.

    La loi portant Code Pétrolier stipule que « le titulaire d’un contrat pétrolier ainsi que ses sous-traitants doivent employer en priorité du personnel de nationalité Ivoirienne, qualifié pour les nécessités de leurs opérations ». Mais pour autant faut-il que le pays dispose de la main d’oeuvre qualifiée dont les compagnies pétrolières ont besoin pour faire fonctionner les plateformes !

    Du 13 au 14 Juin 2017, une délégation d’officiels Ivoiriens, conduite par le Ministre du Pétrole, de l’Energie et du Développement des Energies Renouvelables, M. Thierry TANOH, avait pris part à la 79ème édition de la Conférence Européenne des Ingénieurs en géoscience (EAGE) qui se tenait à Paris.

    Devant les participants et les représentants des « majors » pétroliers, venus du monde entier, le Ministre Thierry TANOH avait présenté les potentialités dont regorge le bassin sédimentaire ivoirien. Il a indiqué que le Gouvernement Ivoirien a engagé depuis quelques années des actions fortes visant à mettre en valeur le potentiel pétrolier et gazier du bassin sédimentaire de la Côte d’Ivoire.

    A cet effet, dira-t-il, « des blocs pétroliers ont été réaménagés et sont proposés sur la base des travaux antérieurs et récents et répondent à la volonté d’optimiser le potentiel pétrolier de chaque bloc dans un environnement de bonne gouvernance ».

    Selon la Presse Ivoirien, poursuivant son grand oral, devant un auditoire visiblement conquis, le Ministre Thierry TANOH avait rappelé les performances de l’industrie pétrolière Ivoirienne:

    « Avec 4 blocs producteurs comprenant 8 gisements, le bassin sédimentaire Ivoirien produit aujourd’hui environ 40.000 barils jour de pétrole brut et 275 millions de pieds cubes jour de gaz naturel. La totalité du gaz naturel produit est utilisée pour la production électrique.

    La Côte d’Ivoire constitue ainsi un marché captif du gaz naturel car les besoins actuels et à venir, pour satisfaire la demande en électricité nationale et à l’exportation et la demande des secteurs industriel et minier, sont de plus en plus importants », souligne-t-il.

    Le Ministre Ivoirien du Pétrole, de l’Energie et du Développement des Energies Renouvelables a surtout mis en exergue les faits majeurs intervenus dans le secteur pétrolier ivoirien ces cinq dernières années.

    Il s’agit notamment:

    (1)de l’aménagement du Code Pétrolier de 1996 par l’Ordonnance d’avril 2012 portant modification du Code Pétrolier de 1996 et la révision des Contrats de Partage de Production (CPP) pour les adapter aux nouvelles exigences du secteur ;

    (2)de la forte promotion pétrolière initiée avec à la clé 27 Contrats de Partage de Production signés y compris dans l’offshore ultra-profond ;

    (3)de la réalisation de plusieurs campagnes sismiques et de 17 forages d’exploration avec près de 7 découvertes d’indices d’hydrocarbures dont certaines sont en cours d’évaluation ; et

    (4)de l’amélioration de la gouvernance du secteur des hydrocarbures par un suivi effectif des obligations contractuelles des contrats.

    Il faut souligner que cette campagne de promotion visait à développer le bassin sédimentaire afin d’accroître le niveau de production pour faire du secteur des hydrocarbures un pilier plus important de l’économie Ivoirienne émergente à l’horizon 2020.

    En outre, selon la Presse Ivoirienne, le Ministre Thierry TANOH avait accordé durant le Sommet mondial de Paris, des audiences aux dirigeants de plusieurs sociétés pétrolières notamment EXXON MOBIL, FOXTROT, VITOL et TOTAL.

    AU SÉNÉGAL, QUEL EST L’ETAT DES LIEUX EN 2017 ?

    L’Etat multiplie les octrois de licences d’exploitation pétrolière et gazière. Aux côtés de Far limited, Cairn Energy, Petrosen, la société publique sénégalaise du pétrole et le géant français Total, il faut compter désormais bien d’autres opérateurs.

    Une compagnie pétrolière Nigériane «s’est vue récemment octroyer un permis de recherche et d’exploitation de pétrole dans le bloc de Diourbel» selon les informations de source officielle Sénégalaise.

    L’arrivée imminente de Gazprom, une Société Anonyme Russe connue principalement pour l’extraction, le traitement et le transport de gaz naturel, est également «annoncée» au Sénégal.

    A cet égard, il faut rappeler que le Sénégal qui est membre de l’organisation internationale ITIE (Initiative pour la transparence dans les industries extractives), a fait le choix de signer des contrats de «partage de production» avec les compagnies pétrolières étrangères.
    «Avec ce genre de contrat, on connaît à peu près les parts de chaque entité», se réjouissent les Autorités Sénégalaises.

    Les contrats pétroliers sont non seulement publiés au Sénégal, mais ils sont négociés entre les sociétés pétrolières et le Gouvernement Sénégalais, mais pour plus de transparence, ils passent aussi à l’Assemblée nationale pour faire l’objet de débat à l’hémicycle.

    Les capacités de production de pétrole du Sénégal se situent entre 200.000 et 300.000 barils par jour sur plusieurs décennies.

    L’exploitation du pétrole Sénégalais est attendue entre 2021 et 2023. Le pays s’y prépare déjà en mettant en place un Comité d’Orientation Stratégique du pétrole et du gaz, le fameux Cos Petro-Gaz, et à partir du mois d’octobre 2017, c’est à dire maintenant, l’Institut National pour la Formation aux métiers du pétrole et du gaz, implanté à Diamniadio, va ouvrir ses portes.
    Voilà pour la Côte D’Ivoire et le Sénégal.

    QUELS ENSEIGNEMENTS DEVRAIT-ON TIRER DE L’EXPLORATION ET DU PARTAGE DE PRODUCTION DE PÉTROLE ET DE GAZ EN GUINÉE ?

    À mon avis, il serait souhaitable de prendre 3 décisions majeures après l’entrée en vigueur du nouveau Code Pétrolier Guinéen:

    (1)Avec en moyenne un total de 22 blocs couvrant 25.000 km2 dans l’offshore profond, dont 37% ont déjà été octroyés à Hyperdynamics, l’Office National du Pétrole devrait attribuer le maximum de licences dans les meilleurs délais, afin d’augmenter les chances du pays dans la phase de l’exploration et du partage de production.

    Même s’il faudrait l’envisager sur une moyenne de 3 blocs par Compagnie, la Guinée devait pouvoir se retrouver avec un minimum de 8 Compagnies pétrolières en y ajoutant Hyperdynamics qui est déjà sur le terrain.

    (2)Il faudrait exiger des compagnies pétrolières de gros budgets d’investissements dans la formation d’une masse critique de Cadres et d’Ouvriers Guinéens, de très haut niveau et qui soient capables de travailler sur les plateformes pétrolières.

    Sinon, le risque que court le pays, est de se retrouver en phase de production avec des plate-formes qui ne seront mis en service qu’avec la main d’oeuvre que les Compagnies feront venir des Philippines, de la Corée du Sud, ou du Nigeria et du Gabon entre autres.

    Or ce secteur brasse énormément d’argent que la Guinée risque de perdre pendant longtemps faute d’expertise nationale préparée.

    Sur la question des salaires, ce qu’il faut retenir c’est la disparité selon que l’on est expatrié ou pas. Les expatriés sur la base des salaires élevés qu’on leur verse sont tous considérés comme des Cadres Supérieurs (C4) alors que leurs alter ego Ivoiriens sont ouvriers, agents de maîtrise et cadres dans la mesure où en Côte d’Ivoire le salaire de base est lié à la catégorie.

    Les expatriés touchent entre 220 et 1.000 Dollars US par jour soit entre 130.000 FCFA et 600.000 FCFA par jour en ce qui concerne les techniciens de production, les électriciens, les mécaniciens, les informaticiens et autres superviseurs. Les dirigeants des compagnies, eux, ne font pas partie de cette classification. Selon la Presse, les Ivoiriens sont tous payés sur la base de la réforme salariale de 1998.

    Les salaires de base mensuels dans le domaine des hydrocarbures en Côte d’Ivoire variaient entre 36.607 FCFA et 555.037 FCFA avant la réforme du SMIG (Salaire minimum interprofessionnel garanti). Ils n’ont pas beaucoup évolué, seul le SMIG a été touché.

    Tous les travailleurs du domaine ne sont pas tous payés selon ce barème, certains perçoivent même la moitié du salaire de base.

    C’est un tel scénario pessimiste qu’il faudrait éviter à tout prix à la Guinée, en termes de financements des investissements dans les ressources humaines du secteur pétrolier à partir même de la phase d’exploration actuelle. Il faudrait aller vite et exiger des investisseurs étrangers des budgets consistants pour la main d’oeuvre Guinéenne, sinon le moment venu, nous risquons d’être de gros perdants. Que Dieu nous en protège.

    (3)La création sur place en Guinée d’un Institut National ou d’une Ecole Supérieure spécialisée dans le Pétrole et le gaz et qui soit dédiée à la formations pointue des Ingénieurs et Ouvriers de haut niveau.
    C’est sur cela que le Sénégal, a penché durant sa phase d’exploration, et ce choix a tout l’air de lui réussir en ce moment.

    MORALITÉ

    C’est tout un package sur lequel l’Office National du Pétrole devrait continuer de s’investir et travailler pour espérer obtenir de très bons résultats durant les années à venir.

    Au regard des chiffres des découvertes de gaz et de pétrole dans l’ensemble du golfe de Guinée, il n’y a aucune raison de penser qu’il n’y aura pas de découvertes significatives de pétrole et de gaz dans l’offshore profond du pays, si les pouvoirs publics y mettaient les grands moyens.

    Il est grand temps de revoir la stratégie du Gouvernement et de l’Office National du Pétrole, afin de faire venir les autres grands majors connus et de classe mondiale: Exxon Mobil, Chevron, Gazprom, British Petroleum, les groupes Chinois, Écossais, Norvégiens et Italiens.
    Pourquoi pas ?

    Bonne journée de Samedi chez vous, et grand merci pour la courtoisie de Guineenews et qui vient de nous rapporter une si bonne nouvelle pour le pays.