lundi, 27 février 2017, 20:16 GMT

 

Elles sont aujourd’hui nombreuses, des femmes de la région forestière et de N’zérékoré en particulier qui se sont lancées dans l’importation et la commercialisation de la banane plantain communément appelé ‘’alloco’’. Cependant, elles sont confrontées à des difficultés liées notamment au coût des taxes jugé exorbitant et le mauvais état de la route nationale N’zérékoré-Conakry. 

 

Nous sommes au marché ‘’Forêt Sacré’’ de N’zérékoré, juste en face de la mosquée ‘’Géographie’’. Des camions chargés de bananes plantains viennent de rentrer en provenance de la Côte d’Ivoire et d’autres en chargement pour une seule destination : Conakry, la capitale guinéenne. Ce métier est beaucoup plus exercé par des femmes qui disent être à la recherche du quotidien. C’est le cas d’Aicha Guilavogui qui a passé plusieurs années dans la commercialisation de la banane alloco.

 

CamionBanane« Je suis dans ça depuis 2004. J’ai perdu mon mari et j’ai cinq enfants à ma charge. Il n’y a personne pour me venir en aide et c’est pourquoi je me suis lancée dans ce commerce pour subvenir aux besoins de mes enfants malgré tout le problème qu’il y a », nous a-t-elle confiés.

 

Selon elle, faire le commerce de la banane plantain n’est pas du tout aisé car dit-elle, l’on s’expose à des risques.

 

« C’est un métier très risqué et très difficile. Nous souffrons beaucoup à cause non seulement du trajet qui est long mais aussi à cause de la dégradation des routes. A côté de tout ça, il y a les frais de dédouanement qui sont très élevés. Par voyage, nous payons 270 000 CFA à la douane ivoirienne et 280 000 CFA à la douane guinéenne sans compter les frais de transport », déplore Aicha Guilavogui.

 

Selon Marie Goumou, une autre commerçante, les femmes perdent beaucoup sur la route à cause du mauvais état. Des pertes qui s’élèvent à plusieurs millions de francs guinéens.

 

« Nos routes sont mauvaises. En quittant la Côte d’Ivoire pour N’zérékoré ce sont des problèmes, car la route est complètement dégradée (côté guinéen) et lorsque vous arrivez à N’zérékoré, c’est un autre souci. Comment acheminer ces bananes à Conakry ? Nous sommes obligés de passer des jours sur la route avec toutes les conséquences. Souvent avant d’arriver, tu trouves que la plupart des bananes sont pourries et quand tu évalues la perte, ce sont des millions et cela décourage les femmes. Il arrive même très souvent que le camion se renverse dans la boue. Cela ne nous encourage pas », déplore-t-elle.

 

Et à Aicha Guilavogui de renchérir : « On est obligé de parcourir ces routes parce qu’on n’a pas d’autres choix et c’est dans ça qu’on arrive à nourrir nos enfants. Donc quelque soit la difficulté, on essaye d’aller avec pour avoir au moins nos petits pains. Mais c’est très grave pour nous. »

 

Aujourd’hui, le prix d’un régime de banane se négocie entre 30 mille à 45 mille francs guinéens selon la qualité. Mais pour ces femmes, tous ces facteurs expliqueraient cette situation.

 

« C’est vrai que le prix est élevé mais ce n’est pas de notre faute. Les frais de dédouanement sont élevés et la route n’est pas bonne. On ne peut pas prendre cher et revendre à bas prix. C’est cela le problème. Il faut que l’Etat nous aide en arrangeant nos routes en diminuant les taxes. Aussi, le gouvernement doit nous aider à avoir une usine de transformation de la banane sur place », a-t-elle sollicité.

 
Facely Konaté

Correspondant à N'zérékoré, Guinée Forestière.

Facely Konaté