Comment Mouctar Diallo et Aboubacar Sylla sont devenus députés : Dalein dit tout

01 août 2017 13:13:52
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Le débat fait rage, quatre ans après la tenue des élections législatives de Septembre 2013. Invité de la radio Chérie FM, le principal opposant guinéen, Cellou Dalein Diallo, a fait des éclaircissements, ce mardi, pour expliquer comment les anciens ministres, Aboubacar Sylla et Mouctar Diallo, se sont retrouvés sur sa liste.

C’est vous, qui aviez sollicité leur inscription ou ce sont eux, lui a-t-on demandé. « Ils le savent. Ce sont eux qui sont venus demander leur inscription sur ma liste. Ce n’est même pas un accord d’alliance entre nos partis politiques. Ce sont des personnes physiques qui sont venues me voir pour solliciter leur inscription », a-t-il martelé.

Ont-ils demandé l’avis de leur base, ont insisté nos confrères. « Ça, je l’ignore. Tout ce que je sais, ce sont eux qui sont venus me voir. Je n’ai jamais dit que je ne vais pas les remorquer. Eux-mêmes, pour la plupart, voulaient aller aux élections locales avec leur propose liste et leur propre couleur. Eux-mêmes, ils l’ont dit. Finalement, un consensus s’est dégagé. On a dit que chacun aille à la conquête des conseillers. Après, on s’unira pour conquérir les mairies. Tout le monde était d’accord autour. Mais ce n’est pas l’UFDG, qui a dit de ne remorquer personne ».

Avec le départ des leaders du FAD, ne vous sentez vous pas isolés, ont-ils encore demandés. « Pas du tout. L’opposition n’est pas un exercice facile. Or, le pouvoir a parfois des propositions, parfois plus alléchantes. M. Alpha Condé étant un fin politicien cherche à déstabiliser l’opposition avant de procéder à la révision de la constitution. L’isolement d’un parti, c’est par rapport à la base, c’est ce qui est important ».

Départ des leaders du FAD

« La décision de manifester a été prise par toute l’opposition républicaine. S’ils n’étaient pas venus, peut-être qu’on aurait reporté la plénière. S’ils étaient absents, j’aurais compris. Mais non seulement, ils se sont fait représenter. Mais également, ils n’ont pas donné un mandat quelconque à leur représentant. En tout cas, ils n’ont exprimé aucune réserve quant au calendrier de l’organisation des manifestations. Donc, pour moi, c’est une manifestation de l’opposition républicaine. On peut ne pas venir. On peut venir et dire qu’on n’est pas d’accord, et le débat serait ouvert. En ce moment, si on était passé outre de l’avis de leurs représentants, on aurait violé leurs droits. Mais ils sont venus, ils sont les premiers à soutenir l’idée, nous l’avons adopté et puis on fait le compte-rendu à la presse. Le lendemain, j’apprends qu’ils ne sont pas concernés parce qu’il y aurait eu des progrès. Mais je dis qu’on a fait le constat comme quoi il n’y a pas des progrès. Au contraire, il y a trop de lenteur. Naturellement, on ne pouvait plus annuler la manifestation. Heureusement, on a la capacité de mobiliser et de faire des meetings, on l’a fait. Je ne suis pas le seul à m’interroger par rapport à leur attitude. Parce qu’on connaît leur engagement et leur détermination pour les manifestations. Pourquoi ce revirement à 180 degré ? Beaucoup de personnes se sont interrogés, y compris moi. Mais pour le moment, disons que je n’ai pas de réponse.

Pourtant, nos plénières sont autonomes, je n’impose rien à personne, les décisions sont souveraines. Chacun adhère librement à l’opposition. Ensemble, nous posons les problèmes et trouvons les solutions de la manière la plus démocratique. Et on n’est pas là pour Cellou Dalein mais pour ses convictions. Parce qu’on a fait le choix d’être dans l’opposition pour dénoncer la malgouvernance.