dimanche, 26 mars 2017, 05:19 GMT

“Privés les jeunes de leur droit à cause d’un simple accord politique, est pour moi, un recul démocratique”

L’actualité politique guinéenne est alimentée depuis quelques mois par des prises de position des différentes forces politiques sur le projet de loi du code électoral. Dr Dansa Kourouma, président du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSC), n’est pas resté en marge de ce débat. Au micro de Guinéenews, il a désavoué quatre points pouvant remettre en cause le projet du code électoral.

 

”Après tout ce débat sur les accords politiques, c’est très regrettable que les acteurs politiques n’aient pas tenu compte des préoccupations de la population par rapport à ce projet de réforme du code électoral”, a-t-il affirmé.

 

D’après Dr Dansa Kourouma, il y 4 points qui fragilisent le code électoral. Le premier, selon lui, c’est le fait que le code électoral ne peut pas être examiné dans la précipitation vu son importance et surtout que cette précipitation était dans une fourchette de moins de deux semaines par l’Assemblée nationale.

 Le président du CNOSC estime que le temps imparti  à son examen était insuffisant pour permettre à ce code d’être expurgé de toutes les anomalies, les insuffisances et les faiblesses qui ont été constatées lors des différentes missions d’observations électorales.

 

Le deuxième c’est que, affirme-t-il, l’examen du code électoral est intervenu lors d’une session budgétaire.  Le budget est suffisamment sérieux dans un pays comme le nôtre avec son économie fragile et sous perfusion de la communauté internationale, pour avoir le temps d’examiner autre chose aussi importante qu’une loi comme le code électoral, a-t-il souligné.

 

Le troisièmement aspect de son analyse, se rapporte à l’organisation des élections avec le fichier électoral non-révisé de l’année en cours. Ceci est de nature à priver, dira-t-il, un bon nombre de jeunes citoyens guinéens de leur droit de vote. Entre les élections de 2015 et celles de 2017, il y a plusieurs jeunes qui ont dix-huit ans et qui doivent voter. Privés ces jeunes de leur droit à cause d’un simple accord politique est pour moi, un recul démocratique, a-t-il dénoncé.

 

Pour le dernier de ces points 4 réflexions, le code électoral contient des nuances par rapport au statut des quartiers et districts, a fait remarquer Dr Dansa Kourouma qui rappelle toutefois que la santé démocratique se mesure au niveau de la base, par la capacité des citoyens à participer aux débats politiques. Avant d’interpeller les gouvernants et l’ensemble des acteurs politiques du pays sur la nécessité de réviser le code électoral ainsi que celui des collectivités locales qui sont devenus, à ses yeux, caducs.

 

 

 

Cheick Alpha Ibrahima Camara

Correspondant à Kamsar, Basse Guinée. Téléphone : +224-669-153-059

Cheick Alpha Ibrahima Camara