jeudi, 30 mars 2017, 02:46 GMT

Votre quotidien électronique Guinéenews© continue à plonger ses lecteurs dans le thriller de la politique- fiction. Pour ce présent numéro, nous vous proposons un entretien téléphonique imaginaire entre l’ex chef de la junte, Dadis Camara, en séjour au Burkina Faso et l’actuel ministre guinéen d’État de la justice, Me Cheick Sako.

Un dialogue difficile qui intervient au lendemain de l’extradition de Toumba Diakité à Conakry.

 

 

Dadis Camara : allô, qui est au bout du fil ?

Cheick Sako : le ministre d’État de la justice

 

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Dadis Camara : qui ?

Cheick Sacko : le ministre guinéen de la justice

 

 

Dadis Camara : laissez-moi, je vais enlever mes écouteurs, je ne vous entends toujours pas

Cheick Sako : bon, c’est la justice

 

Dadis Camara : si j’avais su avant de décrocher, je vous aurais renvoyé vers mon avocat. Mais j’ai du respect pour vous. Je vous écoute, que me vaut l’honneur de votre appel ?

Cheick Sako : c’est pour vous informer que Toumba Diakité est de retour au pays

 

Dadis Camara : qui ?

Cheick Sako : Toumba Diakité est de retour

 

Dadis Camara : qui est de retour

Cheick Sako : Toumba Diakité, dis-je

 

Dadis Camara : où est-il à l’instant où je vous parle ?

Cheick Sako : il est à la maison centrale

 

Dadis Camara : pourquoi à la maison centrale ?

Cheick Sako : pour des fins d’enquête

 

Dadis Camara : s’il est là-bas, pourquoi m’appelez-vous ?

Cheick Sako : parce que nous avons besoin de vous

 

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Dadis Camara : la Guinée compte quand même douze millions d’âmes, je ne suis pas le seul

Cheick Sako : parce que vous êtes un patriote, vous n’êtes pas un assoiffé du pouvoir

 

Dadis Camara : à partir de l’instant, je ne vous adresse plus la parole. S’il vous plaît, contactez mon avocat, je vous ai décroché par respect. Sinon, je prends mon bain

Cheick Sako : je peux attendre le temps que ça prendra

 

Dadis Camara : monsieur le ministre, je prends mon bain, dis-je, je vous respecte. Si j’étais malhonnête, je pouvais refuser de décrocher. Mais je ne l’ai pas fait par respect.

Cheick Sako : toutes mes excuses pour vous avoir dérangé. Mais donnez-nous une heure à laquelle, je pourrais vous appeler

 

Dadis Camara : monsieur le ministre, je me brosse les dents, je ne peux pas vous parler

Cheick Sako : c’est noté, je vous rappelle dans deux heures. D’ici-là, j’espère que vous aurez fini.

 

Dadis Camara : avec tout le respect que je vous dois, contactez mon avocat. Je suis dans les rangs devant la douche avec mon seau d’eau. J’attends mon tour avec impatience.

Cheick Sako : j’attendrai le temps que ça prendra et la justice notera tout

 

Dadis Camara : s’il vous plaît, écrivez-moi un texto, je réponds rapidement aux messages

Cheick Sako : je préfère vous parler de vive voix, c’est la justice, elle n’est pas pressée.

 

Dadis Camara : bon, je vous écoute

Cheick Sako : je vous informe que Toumba Diakité est de retour

 

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Dadis Camara : et après ?

Cheick Sako : c’est vous qui aviez dit à la veille des élections que vous allez rentrer pour vous défendre devant la justice. On vous avait bloqué au Ghana. Maintenant, rentrez au pays.

 

Dadis Camara : qu’est-ce que j’ai à faire en Guinée ?

Cheick Sako : plusieurs dossiers vous attendent sur la table du juge. Et Toumba vous attend pour la confrontation

 

Dadis Camara : mon frère, si je dois rentrer ce n’est pas avec un individu que je dois discuter. Je fais un écrit officiel, j’adresse au Président de la République, le professeur Alpha Condé, parce que nous sommes dans un pays commandé. Et je lui fais comprendre que je souhaiterais rentrer. Pour l’instant, la question n’est pas d’actualité.

Cheick Sako : le président de la république ne s’y oppose. Il a donné son feu vert

 

Dadis Camara : j’attends son feu vert

Cheick Sako : ah bon, avez-vous changé d’avis déjà ?

 

Dadis Camara : je n’ai jamais annoncé une telle éventualité

Cheick Sako : pourtant, en 2015, vous aviez pris votre vol pour rentrer. Vous disiez que vous veniez pour vous défendre devant la justice. A mi-chemin, on vous avait bloqué au Ghana. Finalement, vous vous étiez retourné au Burkina.

 

Dadis Camara : non, ce sont les menteurs et les apatrides qui ont inventé cela. Moi, j’étais au Ghana pour acheter des statues. Après, je me suis retourné au Burkina.

Cheick Sako : ce n’est pas surprenant, vous aviez dit que votre parole n’était pas une montagne.

 

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Dadis Camara : je vous dis la vérité sur la tête de mes enfants

Cheick Sako : pourtant, vous aviez fait cette menace sur RFI, je vous avais écouté

 

Dadis Camara : ils ont truqué ma voix. J’ai un cerveau, j’ai toutes mes capacités physiques, morales et intellectuelles. Donc, dites à mes détracteurs qui n’ont rien à faire, que mon retour en Guinée n’est pas leur affaire. Qu’ils me foutent la paix. Je veux la quiétude dans mon pays. Je ne voudrais pas qu’ils essayent de passer par moi.

Cheick Sako : si vous ne rentrez pas de gré, vous rentrerez de force

 

Dadis Camara : tout le monde sait que je suis convalescent

Cheick Sako : mais quand même ça va non ?

 

Dadis Camara : ça va légèrement, de temps à temps, je sens des douleurs

Cheick Sako : je vais demander à la CPI de nous envoyer un avion médicalisé

 

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Dadis Camara : (il s’évanouit)

 

Note de l'auteur : Seuls les personnages sont vrais (Photos crédit). L'entretien est pure fiction et les propos n’engagent nullement leur auteur. Nous osons croire que les lecteurs comprendront notre inspiration et nous épargnerons des ennuis judiciaires.

Abdoulaye Bah

Conakry, Guinée 224-622-14-15-09

Abdoulaye Bah