Chronique-fiction : Alpha Condé, le charlatan, les cauris et le 3e mandat

06 septembre 2017 2:02:47
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Votre quotidien électronique Guinéenews© continue à plonger ses lecteurs dans le thriller de la politique- fiction. Après son passage chez le marabout, Yaya Jammeh, le président Alpha Condé est allé consulter les cauris. Ah oui, il dirige un pays laïc. Équité oblige. Comme on le dit, tous les moyens sont bons. L’important, c’est de rempiler pour un troisième mandat.

Cependant, à la différence du marabout, chez le charlatan, l’argent va couler à flot pour que les cauris puissent parler. Raison invoquée ? Les diables tendent les mains. Ils ont une faim de loup. Si les caisses sont vides, si pour les présidents nouvellement élus. Les diables, eux, s’en fichent.

 Chronique-fiction

Le charlatan : à qui ai-je l’honneur ?

Alpha Condé : pé, tu me reconnais pas ?

Le charlatan : ici, personne ne connaît personne. A qui ai-je l’honneur, dis-je ?

Alpha Condé : c’est le professeur Alpha Condé

Le charlatan : bienvenue mais je vous croyais en voyage

Alpha Condé : c’est Dalein, qui dit ça partout pour me dénigrer.

Le charlatan : Alors, que puis-je faire pour vous ?

Alpha Condé : j’ai un problème urgent et sérieux

Le charlatan : est-ce une plainte contre moi ?

Alpha Condé : si c’est cela, Cheick Sako serait mieux placé

Le charlatan : ou bien, veux-tu m’arrêter tard cette nuit ?

Alpha Condé : à ce que je sache, tu n’es pas dans le fichier de la police

Le charlatan : voulez-vous organiser nos états généraux ?

Alpha Condé : j’ai plus grave, qu’organiser des états généraux

Le charlatan : dois-je aux impôts ?

Alpha Condé : ça n’a rien à voir avec

Le charlatan : suis-je désormais le chef de file des charlatans ?

Alpha Condé : tu l’es. Et je prévois un budget de 500 millions par mois

Le charlatan : pourquoi une visite si tardive chez moi alors ?

Alpha Condé : j’ai quelque chose d’important à te confier

Le charlatan : je ferme la porte, les murs ont des oreilles

Alpha Condé : avec toi, le meilleur est à venir, tu m’as l’air sérieux

Le charlatan : je suis à votre écoute, expliquez-moi votre problème

Alpha Condé : comme tu le sais déjà, je serai en fin de mandat en 2020

Le charlatan : et après ?

Alpha Condé : Mais j’ai un problème

Le charlatan : lequel ? Allez-y, les diables tendent les oreilles

Alpha Condé : je veux me représenter pour un troisième mandat en 2020. Pour l’heure, tu es la première personne à qui j’ai ouvert mon cœur

Le charlatan : merci de la confiance mais ne craignez rien, respirez encore.

Alpha Condé : est-ce faisable ou pas ?

Le charlatan : on le saura tout à l’heure

Alpha Condé : je veux parachever mon programme de société avant de partir

Le charlatan : verse l’argent, vide tes poches, les diables tendent les mains

Alpha Condé : si c’est l’argent la condition, tu seras millionnaire

Le charlatan : ici, pas de promesses, l’argent doit parler, le sang doit gicler

Alpha Condé : je ne suis pas venu avec des mallettes mais je vais t’arroser

Le charlatan : votre troisième mandat est à portée de main.

Alpha Condé : Dalein est foutu, merci mon Dieu

Le charlatan : vous rempilerez sans le moindre cri de protestation

Alpha Condé : Dieu merci, Sidya ira à la retraite sans me succéder

Le charlatan : la communauté internationale ne bronchera pas un mot non plus

Alpha Condé : oh mon Dieu, Lansana Kouyaté finira sa vie dans l’opposition, quelle triste fin

Le charlatan : je t’éviterai l’embargo des pays occidentaux ?

Alpha Condé : viens que je te touche, que je t’embrasse, que je te porte au dos, mon charlatan

Le charlatan : es-tu content ?

Alpha Condé : très content, il ne reste plus qu’à dire : attachez-moi

Le charlatan : alors, si tu es content, fais- le savoir sur le champ

Alpha Condé : que ferais-je pour te faire rire ?

Le charlatan : l’argent doit parler, nous voulons du cash, des billets verts

Alpha Condé : un million de dollars, est-ce bon ?

Le charlatan : un million de dollars, c’est pour les opposants qui ont perdu quatre fois les élections, et ils sont au dernier essai. Comme Raila Odinga au Kenya.

Alpha Condé : deux millions d’euros ?

Le charlatan : deux millions, c’est pour les présidents qui veulent se faire réélire, alors que l’opposition a décidé de choisir un candidat unique.

Alpha Condé : cinq millions d’euros ?

Le charlatan : cinq millions, c’est bon mais il y a cinq cas ?

Alpha Condé : le premier cas ?

Le charlatan : jette l’argent, vide tes poches, les cauris ont faim

Alpha Condé : bon, voici un million de dollars pour le petit déjeuner des cauriss

Le charlatan : le premier cas, c’est l’exemple de Kabila. Ton mandat prend fin, aucun scrutin n’est organisé. Tu joues à la prolongation, au glissement du calendrier électoral. Le danger de ce scénario, c’est que tu es toujours sur une chaise éjectable.

Alpha Condé : ce scénario est trop risqué. Je connais Dalein et ses « bilakoros » de Bambéto- Coza- Cimenterie.

Le charlatan : jette l’argent, vide tes poches, les cauris ont faim, les diables ont soif

Alpha Condé : bon, voici cinq millions de dollars pour le déjeuner des diables, qui sont très budgétivores

Le charlatan : le deuxième exemple est celui de Nkurunziza au Burundi. Il fait le forcing, tient son troisième mandat, et s’installe au pouvoir, vaille que vaille. Tant pis pour la suite.

Alpha Condé : comme je l’ai dit, je ne suis pas venu pour gouverner les cimetières. Dalein veut me pousser à la faute pour me trimballer à la CPI. Jamais !

Le charlatan : jette l’argent, vide tes poches, les diables ont faim

Alpha Condé : bon, voici dix millions de dollars encore pour le dîner des diables

Le charlatan : le troisième scénario, c’est l’exemple de Yaya Jammeh

Alpha Condé : non, épargne-moi de ce scenario, je n’aime pas l’exil

Le charlatan : le quatrième scénario, c’est la mésaventure de Compaoré au Burkina. Il a voulu modifier la constitution, il a été chassé par la rue. 

Alpha Condé : pas ça, s’il te plaît, ah non, que Dieu m’en garde de finir comme Compaoré

Le charlatan : jette l’argent, vide tes poches, les diables ont faim

Alpha Condé : voici quinze millions de dollars encore pour le dessert des diables

Le charlatan : le cinquième scénario, c’est celui de Sassou Nguesso et de Paul Kagame. Aucun œuf cassé après leur troisième mandat. Ils sont présidents à vie.

Alpha Condé : j’aime ce scenario. Il m’arrange, fais-le pour moi

Le charlatan : mais je vois des obstacles, des obstacles, des obstacles et des obstacles

Alpha Condé : lesquels ?

Le charlatan : Macron n’est pas aussi partant que Hollande pour toi

Alpha Condé : je le savais. Mais laisse Macron, on n’est pas trop peace. Il est plus proche de Macky et d’ADO. C’est pourquoi je cherche des pièces de rechange.

Le charlatan : comme qui ?

Alpha Condé : Pékin, Moscou, Tel-Aviv, Ankara et les arabes

Le charlatan : je vois pourquoi tu dis de couper le cordon ombilical

Alpha Condé : et on va le couper

Le charlatan : doucement, on ne change pas le monde avec des coups de poing

Alpha Condé : je risque de faire comme le petit Bongo. Je tourne le dos aux français pour donner tous les marchés aux Chinois. Quand j’aurais mon troisième mandat en poche, je reviendrais vers Macron pour faire la paix.

Le charlatan : même après ça, je vois encore des obstacles, des obstacles, des mobilisations, des manifestations de rue avec des pancartes : « Touche pas à ma constitution », « Alpha fais comme IBK, ADO et Issoufou et retire-toi ».

Alpha Condé : as-tu vu les villes où ces manifestations sont organisées ?

Le charlatan : Labé 

Alpha Condé : pas surprenant, je vois les mains de Dalein derrière

Le charlatan : Mamou 

Alpha Condé : pas étonnant, Halimatou Dalein Diallo tire les ficelles.

Le charlatan : Forécariah 

Alpha Condé : Kassory Fofana dans la danse ?

Le charlatan : Boffa 

Alpha Condé : mon haut représentant aussi ?

Le charlatan : Kouroussa

Alpha Condé : ça c’est Kouyaté, mais il sera surpris de ma réplique

Le charlatan : Pita 

Alpha Condé : Bah Oury ou Bah Ousmane ?

Le charlatan : N’zérékoré 

Alpha Condé : mais quelle mouche a piqué Dadis Camara ?

Le charlatan : Kérouané 

Alpha Condé : Même Damaro ? Lui qui passe pour mon premier fan ?

Le charlatan : et puis, les détracteurs ne font que grossir les rangs

Alpha Condé : et la presse dans tout ça ?

Le charlatan : ils font la couverture médiatique des manifestations en temps réels, sans aucune censure

Alpha Condé : les traîtres ont mangé mes cent millions, et les voilà sur le terrain

Le charlatan : jette l’argent, vide tes poches, les diables ont faim

Alpha Condé : voici un million de dollars pour les diables

Le charlatan : donc, je te conseille de rentrer.

Alpha Condé : tu veux que je rentre sans que mon problème ne soit réglé ?

Le charlatan : tu reviendras la semaine prochaine, à la même heure

Alpha Condé : je viens seul ou avec ma garde rapprochée.

Le charlatan : A ton retour, tu trouveras que tous les sacrifices sont prêts

Alpha Condé : tu mettras Dalein, Sidya et Kouyaté dans une bouteille

Le charlatan : je vais m’occuper d’eux. Ils ne verront rien venir

Alpha Condé : tu mettras aussi Halimatou Dalein et les gosses de Bambéto dans une bouteille. Tu les attaches sans qu’ils ne puissent se remuer.

Le charlatan : c’est promis, chef, vos vœux sont des ordres

Alpha Condé : je suis très content, Dalein est foutu, Sidya est foutu, Kouyaté est foutu. Je vais les montrer c’est quoi la politique. Il ne s’agit pas de crier dans les radios.

Le charlatan : au retour, prière de venir avec le nom des parents de tous les opposants, leur père et leur mère

Alpha Condé : le père de Dalein, c’est Thierno Saadou Mo Dalein, de la famille des Seleyaabhès.

Le charlatan : pas maintenant, je dis en venant

Alpha Condé : sinon, je connais le nom des parents de tout un chacun

Note de l’auteur : Seuls les personnages sont vrais (Photos crédit). L’entretien est pure fiction et les propos n’engagent nullement leur auteur. Nous osons croire que les lecteurs comprendront le sens de notre inspiration et les autorités nous épargnerons des poursuites judiciaires.