lundi, 20 février 2017, 15:57 GMT

Sékouba Konaté et Salou Djibo sont auteurs de deux transitions réussies, respectivement en Guinée en 2010 et au Niger en 2011. Mais au terme de leur mission, les deux « généraux », bien qu’ayant tenu leur parole, ont deux sorts différents. Dans un entretien imaginaire, les deux soldats jettent un regard sur le rétroviseur.

skSékouba Konaté : mon frère d’armes, ravi de te revoir. Dis-moi, que deviens- tu ?

 

Salou Djibo : après l’investiture, j’ai quitté l’armée. En tant qu’ancien chef de l’État, je perçois une pension, un logement, des véhicules et du personnel sont mis à ma disposition. Pour autant, je suis disponible pour servir le pays quand on aura besoin de moi. Et toi, auteur d’une transition réussie en Guinée, es-tu à Rabat ou à Addis- Abeba ?

 

Sékouba Konaté : je suis sans domicile fixe (rire). Je vis entre Addis-Abeba, où je dispose d’un logement et d’une voiture de fonction, Rabat, où j’aime à me détendre dans la villa que le Maroc a mis à ma disposition à Hay Ryad et Paris, où vivent ma femme et mes quatre enfants. Mais évidemment, nul n’est prophète chez soi, dit-on souvent. Depuis mon départ au pays en 2010, je me balade de pays en pays. Mes proches sont traqués, arrêtés et emprisonnés. L’opposition m’accuse d’avoir marchandé le pouvoir. Le régime actuel m’accuse d’avoir dilapidé les finances publiques. La justice menace de me poursuivre. Ces gens-là, ont oublié quand ils me jetaient des fleurs hier à plat ventre.

 

Salou Djibo : on te fait un mauvais procès. Tout le monde a salué la façon dont tu as mené la transition en Guinée. Le pays n’a pas brûlé. Je ne dis pas que tout était parfait mais quand même, tu rentres dans l’histoire. Dommage que la fondation Mo Ibrahim ne récompense que les anciens chefs d’État qui sont arrivés au pouvoir par élection.

 

Sékouba Konaté : pendant la transition, ils ont poussé les femmes à insulter ma mère lors d’une marche à Kaloum. J’ai aussitôt annoncé ma démission. Il a fallu un long ballet diplomatique pour me convaincre de changer de décision. A l’entre-deux-tours, j’ai fait signer les deux finalistes un accord stipulant que le vainqueur devrait travailler avec le perdant. Ce que j’ai préconisé très tôt, moi militaire, c’est six ans après que les deux challengers ont accepté de suivre mon initiative. Je ne souhaite pas parler de la Guinée, tellement le pays me dégoûte. Parle-moi de tes nouvelles, oublions la Guinée, j’ai appris que tu es à Abuja.

 

Salou Djibo : c’est vrai, mon frère d’armes. Je m’occupe désormais de ma fondation pour la paix et la démocratie, que j’ai lancée en 2013. J’ai même oublié de t’adresser une invitation mais ce n’est que partie remise. Je suis actif au sein de la CEDEAO. D’Abuja, je passe souvent à Ouagadougou chez ma seconde épouse où elle travaille. Je suis en bons termes avec le président Kaboré. Parfois, je suis à Namaro, mon village natal situé à 50 km de Niamey. Au Niger, j’entretiens des rapports respectueux, avec Mahamadou Issoufou. Il m’invite régulièrement à des cérémonies officielles.

 

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Sékouba Konaté : personnellement, depuis mon départ de Conakry, je ne me suis pas retourné. Parfois, je suis à Addis, à Rabat, aux USA ou à Paris. Parfois encore, je suis invité par certains chefs d’Etat africains. Dans tous ces pays, on me déroule le tapis rouge. On me reçoit avec tous les honneurs dus à mon rang. Malheureusement, en Guinée, les gens aiment la délation, le mensonge, la calomnie. Ils aiment te poignarder dans le dos. Le guinéen est un loup pour son prochain.

 

Salou Djibo : je ne t’ai pas beaucoup pratiqué, ni fréquenté mais tu es un officier de parole. J’ai de l’estime et du respect pour toi. On s’est vu trois fois à Conakry, Paris et Niamey.

 

Sékouba Konaté : tu m’avais manqué. Te souviens-tu, quand tu étais passé à Conakry lors de l’investiture du président Alpha Condé en décembre 2010 ? Il avait cité tous les présidents présents à la cérémonie d’investiture sauf toi, j’étais gêné.

 

Salou Djibo : j’ignore si c’était un oubli ou l’euphorie ou un manque de considération mais tu connais bien les civils, s’ils disent qu’ils nous aiment, c’est du bout des lèvres.

 

Sékouba Konaté : te rappelles-tu des propos aimables envers moi. « Après, les élections tout à fait crédibles organisées par mon frère et ami le Général Sékouba Konaté, il est tout à fait normal que nous lui apportions notre soutien et notre solidarité africaine. Ma visite en Guinée vise essentiellement à porter un message fort du peuple nigérien au peuple frère guinéen. Nous le félicitons pour la réussite des élections et souhaitons bon vent au président élu. Je sais que ça n'a pas été facile surtout avec tous les problèmes que le pays a connus ».

 

Salou Djibo : tu as une mémoire d’éléphant. Pourtant, c’était un discours improvisé. Moi, je te revois, quand tu avais tenu le discours légendaire à Niamey au colloque international sur « l'armée et le pouvoir politique dans la gouvernance démocratique au Niger ».

 

Tu avais dit, je cite. « En résistant à toutes les pressions et aux querelles politiciennes, l’autorité de transition au Niger, a pu établir un calendrier et des étapes nécessaires à garantir une issue heureuse du processus électoral. Au Niger, on n’a pas brûlé les étapes dans un parcours qui n’a été marqué ni par des lenteurs et pesanteurs douteuses ni par un empressement dangereux. Un équilibre entre la nécessité d’aller vite et l’exigence de faire bien a pu être trouvé grâce à la fermeté des autorités de la transition. Aussi l’élection du Président de la République a-t-il mis fin au processus électoral après l’organisation de tous les autres scrutins. Au sortir de sa transition et grâce à une méthodologie et une pédagogie assimilées et acceptées par tous, le Niger a pu se doter d’institutions et de dirigeants absolument légitimes ».

 

sbkSékouba Konaté : tu sais, je faisais allusion à la transition guinéenne. Les élections législatives ont eu lieu trois ans après le scrutin présidentiel. Les élections locales sont reportées aux calendes grecques. Or, la transition ne sera achevée que lorsque l’ensemble des institutions auront pris fonction. Un virage que j’ai souhaité avant mon départ du pouvoir. Malheureusement plus que jamais, la Guinée est confrontée à de profondes contradictions qui pèsent sur son avenir.

 

Quoiqu’on dise, j’ai fait mon devoir. Mais au lieu d’être remercié et félicité pour les services rendus à la nation, je suis livré à la vindicte populaire.

 

Salou Djibo : cela fait très mal, mon frère d’armes. Prends ton mal en patience. Si les guinéens ne sont pas reconnaissants envers toi pour les services rendus à la nation, l’Afrique l’est. Et puis, il y a une vie après le pouvoir. Au Niger, les deux finalistes, Mahamadou Issoufou et Seini Oumarou, ont promis de modifier la loi pour améliorer le traitement des « ex ». « Si nous gagnons, nous changerons délibérément la loi pour Salou. En chassant Tandja, il nous a rendu un immense service. Il ne faudra pas qu’il se sente marginalisé ou frustré. Nous le traiterons avec la dignité due à son rang ».

 

Après le putsch, il m’a fallu neutraliser certains de mes compagnons, notamment les colonels Abdoulaye Badié et Amadou Diallo, qui voulaient se maintenir au pouvoir. Après le nettoyage dans les rangs, mon discours, c’est : « j’ai fait mon devoir, et je m’en vais ». Et c’est ce que j’ai fait. C’est ce que tu as fait en Guinée. Que Dieu nous récompense.

 

Sékouba Konaté : Salou, je me suis honorablement acquitté de mon obligation en restant fidèle à l’engagement de respecter les accords de Ouagadougou. Mon souci n’était point de tout contrôler et de contrôler tout le monde, mais de respecter ma parole donnée en organisant pour la première fois de l’histoire de la Guinée des élections démocratiques. Aujourd’hui, je suis mal récompensé et sers de bouc-émissaire d’une situation de crise qui n’est pas que la seule conséquence, comme on voudrait le faire croire, d’une brève période de transition, mais résultant d’un lourd héritage de différents gouvernements successifs.

 

Salou Djibo : J’ai appris également que tu es indésirable à Rabat et que tu vas déménager à N’Djamena ou peut-être à Brazzaville. J’ai même lu dans la presse que tu es sommé de rejoindre ton lieu de travail en Ethiopie. Que fait le frère Alpha dans tout ça ?

 

Sékouba Konaté : tournons cette page, plus nous en parlons, plus j’ai des vertiges.

 

Salou Djibo : nous avons beaucoup à nous dire, quand on sera à la retraite. Nous, les militaires, nous jurons sur notre honneur. Nous sommes des hommes d’honneur et de parole, des soldats dignes. Ce que nous disons, nous le respectons. Au Niger, il n’y a pas eu de candidats ni parmi les membres de la junte militaire, ni le Premier ministre, ni les ministres de transition. Ça, c’est clair et net. Mais tournons cette page. Te rappelles-tu, quand nous avons été invités par le président Sarkozy en mai 2010 à Paris ?

 

Sékouba Konaté : le malgache Andry Rajoèl, lui, était resté à la maison. Un cas d’école. Tu sais, c’est la même chose en Guinée. Il n’y a pas eu de candidats ni parmi la junte, ni le Premier ministre, qui était hésitant, ni les ministres de transition. Il faut être Salou Djibo, ATT ou Sékouba Konaté pour le réaliser. Mais explique-moi, comment Mamadou Tandja a été destitué à la vitesse de l’éclair ?

 

Salou Djibo : nous avons répondu à l’appel du peuple. Tout a commencé vers 13 heures. A ce moment-là, nos mutins ont fait irruption dans le palais présidentiel où Tandja présidait le Conseil des ministres. Ils ont neutralisés rapidement la garde présidentielle.

 

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Quelques heures après, nous avions annoncé la suspension de la Constitution et la mise en place du Conseil supérieur pour la restauration de la démocratie (CSRD). Nous avions instauré le couvre-feu de 18h à 6h, et ordonné la fermeture de toutes les frontières.

 

Sékouba Konaté : quel est le geste qu’il a fait qui vous a décidé ? C’est facile de dire que l’armée a répondu à l’appel du peuple. En Guinée, nous aussi, à la mort de Papa Conté, nous avons dit que nous avions ramassé le pouvoir dans la rue.

 

Salou Djibo : Non seulement, Tandja bafouait les règles de la démocratie pour rempiler mais aussi, il isolait le Niger sur le plan international. On lui prêtait l’intention d’annoncer le retrait du Niger de la CEDEAO. Plus grave, il « arrosait » copieusement les 800 ex-rebelles combattants touaregs de retour dans les rangs. Il a fait montre d’une exceptionnelle générosité : hébergement dans des hôtels huppés, dons de véhicules haut de gamme, de villas chics. Pas le moindre clin d’œil aux loyalistes. Pire leur revenu mensuel chute de 120.000 à 40.000 francs CFA. Des tracts explosifs circulent dans les casernes pour dénoncer l’injustice et sonner la révolte.

 

Pour armer son bras de fer contre les institutions, Tandja s’attache le soutien, moyennant coquettes rétributions, des appuis de certains officiers supérieurs : il fait monter les enchères entre villa clé en main, mallette d’argent. Et comme coup de glas, il limoge trente éléments de sa garde présidentielle et annonce la baisse des primes. Or déjà, il avait limogé le chef d’état major adjoint de l’armée de terre qui n’avait pas voulu lui faire allégeance. Il avait également dans son viseur une dizaine de jeunes officiers soupçonnés d’être mêlés aux tracts. Dis-moi, Sékouba, comment un homme sur le gril peut-il prendre le risque de provoquer l’ire de la garde censée le protéger ?

 

Sékouba Konaté : la presse rapporte que vous avez passé à l’acte en pleine réunion ?

 

Salou Djibo : on a pris la décision d’attaquer quinze minutes avant. Ce jour-là, j’étais en réunion. A midi moins le quart, les compagnons sont rentrés dans mon unité. C’est là qu’on a décidé de sortir et on est sortis à 13h. C’était un combat de 25 à 30 minutes.

 

À 11 heures, Tandja ouvre la séance dans la grande salle du palais présidentiel. Tous les ministres sont là, ou presque. Les conseillers également. Une quarantaine d’officiels au total. Le président, visiblement en forme, plaisante avec un reporter de la télévision nationale venu filmer l’ouverture du Conseil. À 12 h 55, un tir de revolver retentit au-dehors. Un seul. Puis… rien. Au début, les ministres pensaient qu’il s’agissait d’un pneu crevé. Mais, tout à coup, les coups crépitent sur le palais. Les vitres explosent. Tout le monde se couche. Tandja s’enfuit et referme son bureau à clé.

 

Sékouba Konaté : comment un président si sûr de lui peut-il s’enfuir de la sorte ?

 

skbSalou Djibo : Tandja a téléphoné à son chef d’état-major pour demander de l’aide. Mais il ignorait que c’est précisément cette unité qui tirait sur lui. Il ne savait pas non plus que sa garde présidentielle était infiltrée de mutins. Voilà, il n’y avait pas match. Les putschistes étaient équipés de canons, de blindés et de mitrailleuses. Au même moment, deux hélicoptères tournaient au-dessus du palais. Très vite, les mutins enfoncent le bureau de Tandja. Mais la porte est fermée à clé. « Pour votre sécurité, je vous prie de ne pas opposer de résistance », lui a indiqué un mutin. Le président déchu est arrêté. Finalement, Tandja est emmené sous bonne escorte hors de la capitale.

 

Très vite, nous recevions des appels de partout pour implorer la clémence. Dès 14 heures, le coup d’État était consommé et personne ne le savait encore. Il a fallu attendre la nuit pour que la radio commence à diffuser de la musique militaire. À 22 heures, à la télévision, le colonel Goukoye Abdul Karim annonce les premières décisions.

 

Sékouba Konaté : au Niger, je remarque que les putschistes ont l’art de l’argument facile. Quatre coups d’Etat en quatre ans. A chaque fois, nos compagnons se présentent toujours comme un redresseur de tort : la famine en 1974, le blocage politique en 1996, la dérive autoritaire de Baré Mainassara en 1999 et l’isolement international du Niger et l’impasse constitutionnelle en 2010.

 

Salou Djibo : Malgré tout, la junte a donné un signal fort de sa bonne foi, nous avons nommé un premier ministre civil. Nous nous sommes interdit de participer au prochain scrutin présidentiel. Nous avons formé un gouvernement de technocrates. Le porte-parole de la junte, le Colonel Karim Goukoye rassure sur nos bonnes intentions : assainir la situation politique, réconcilier les nigériens et enfin restaurer la démocratie.

 

Sékouba Konaté : Les transitions n’interviennent sous l’autorité militaire que pour restaurer des valeurs perdues, la bonne gouvernance, bref lorsqu’il n’y a plus ni repères, ni direction c’est-à-dire lorsque l’Etat n’existe plus et que l’avenir est devenu incertain. C’est le cas de la Guinée dont l’Armée, comme partout ailleurs, a agi plus par nécessité devant la faillite de l’Etat et l’impuissance des élites que par ambition de façonner l’histoire ou de forcer le destin.

 

Salou Djibo : pour en finir avec les coups d’Etat, que préconises-tu ?

 

Sékouba Konaté : il faut mettre des institutions fortes et légitimes, élire des dirigeants capables, reconnus et acceptés par tous pour parer à des transitions cycliques notamment militaires et imposer la bonne gouvernance. Ainsi l’Armée s’éloignera du pouvoir et il n’y aura pas besoin de nouvelles transitions pour redresser des situations souvent désespérées. Mais le débat est ouvert.

 

Salou Djibo : dis-moi, quel est le sort de Dadis Camara ? La presse tantôt qu’il a été entendu dans l’affaire du 28 septembre 2009, tantôt, qu’il était candidat aux élections.

 

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Sékouba Konaté : son sort a basculé avec le massacre du stade du 28 septembre de Conakry, le 28 septembre 2009. Des dissensions éclatent au sein de la junte. Le 3 décembre 2009, il est victime d’une tentative d’assassinat à Kaloum.

 

Touché à la tête, il est hospitalisé à Rabat. Forcé à l’exil, il signe la passation du pouvoir à Ouagadougou le 15 janvier 2010. Depuis, il a plusieurs fois tenté de mettre fin à son exil. Le 26 août 2015, après l’annonce de sa candidature à la présidentielle, il a embarqué pour un vol à destination de Conakry, via Abidjan. Mais, son vol a été détourné vers Accra, sur demande de Conakry à Abidjan. Retour à Ouagadougou. Bloqué au Burkina Faso, il a annoncé qu’il renonçait à participer au scrutin présidentiel, puis à sa retraite politique. Au décès de sa mère, il a du passer par Rabat, Monrovia avant de rallier N’zérékoré pour les obsèques. Les autorités de Conakry ont carrément refusé qu’il passe par Conakry.

 

Salou Djibo : tu disais tout à l’heure que la justice guinéenne a l’intention de te poursuivre. Que sais-tu des tueries du 28 septembre 2009. Tu dois avoir des détails précis.

 

Sékouba Konaté : oui, dans l’affaire des tueries du 28 septembre 2009. Pourtant, ce jour-là, j'étais à N’zérékoré avec le ministre de l’environnement d’alors, Papa Koly. Nous étions en mission d'État. Mais, étant le ministre de la Défense, j'ai reçu des informations selon lesquelles, certains officiers et civils avaient encouragé Dadis de mater la marche pacifique de l'opposition ce jour-là. Ils se reconnaissent eux-mêmes et c'est la liste de ces éléments là que j'ai déposée là la Haye pour que de telles choses ne se répètent plus jamais en Guinée.

 

Salou Djibo : Mais qui a commandité le tir sur Dadis Camara en décembre 2009 ?

 

Sékouba Konaté : demande à Toumba de te dire celui qui lui a mandaté de tirer sur Dadis. Pour preuve, le capitaine Toumba relevait directement du commandement de Dadis Camara, alors comment pouvais-je lui intimer d'éliminer son patron alors que moi-même j'avais la possibilité de le faire si je le voulais ?

 

Salou Djibo : où est Toumba ? Il reste introuvable. Pourquoi Toumba a tiré sur Dadis ?

 

Sékouba Konaté : D’aucuns disent qu’il est à Dakar, d’autres en Gambie. Mais selon mes renseignements, la colère de Toumba est partie quand Dadis a voulu lui endosser seul la responsabilité du massacre du 28 septembre alors qu'en réalité, ce n'était pas lui. Certains opposants ont même confirmé que Toumba les a sauvés la vie ce jour-là alors que d'autres militaires voulaient les éliminer.

 

Salou Djibo : la presse rapporte que tu as déposé une liste des commanditaires à la CPI ?

 

Sékouba Konaté : les véritables commanditaires de ce massacre de citoyens sont des officiers supérieurs et des civils ministres de la République à l’époque des faits qui ont refusé de dissuader Dadis d'envoyer les hommes au stade ce jour-là puisque ce n'était pas nécessaire. Mais, il y avait des gens qui voulaient vaille que vaille que le sang coule afin de pouvoir profiter de la situation.

 

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J’étais à Nzérékoré au moment des faits. Si j’avais été à Conakry, j’aurais empêché les chefs d’envoyer la troupe au stade. Il y a deux types de responsables : ceux qui ont donné les ordres et ceux qui n’ont pas empêché qu’ils soient donnés.

 

 

Salou Djibo : je t’inviterais très bientôt à Abuja ou à Niamey. Tiens-bon, mon frère d’armes

 

Note de l'auteur : Seuls les personnages sont vrais. L'entretien est pure fiction et les propos n’engagent nullement leur auteur. Nous osons croire que les lecteurs comprendront notre inspiration et nous épargnerons des ennuis judiciaires (Photos crédits).

 

Abdoulaye Bah

Conakry, Guinée 224-622-14-15-09

Abdoulaye Bah