Changement climatique : les avantages et les conséquences des pluies précoces qui perdurent

10 novembre 2017 13:13:33
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Sans précédent, cette saison des pluies en Guinée. De la première moitié de février jusqu’à presque la mi-novembre de cette année  2017, et on ne sait pas quand cela va cesser, les pluies continuent sans cesse, celle de la nuit du 8 novembre est drue avec de coups de tonnerre. Cela n’est pas sans avantages et conséquences.

Les avantages de ces pluies continuelles : passée la période d’éboulement et d’inondation due à l’impréparation des populations, il faut s’estimer heureux que de telles quantités d’eau tombent sur le pays pour fertiliser les forêts et favoriser l’écosystème, remplir les cours d’eau et nappes souterraines qui en manquaient cruellement par des pompages et forages en surnombre partout. Quand on entend qu’ailleurs, en d’autres endroits, le manque de pluie et le manque d’eau tuent hommes, bétails et végétations.

Le plus grand avantage pour les Guinéens, particulièrement, c’est de supposer que l’électricité sera ininterrompue cette année, puisque les barrages de Garafiri et de Kaléta sont censés faire le plein pour passer allègrement la période d’étiage.

Les inconvénients de ces pluies qui n’en finissent plus : d’habitude, les pluies abondantes au sud provoque des neiges drues en Europe, le froid qui traverse le Sahara est sec et prend le nom harmattan de décembre à février. Il sera cinglant l’année prochaine pour les aviculteurs, les petites bassecours, qui seront décimés par le froid, sans parler des pigeons domestiques et des oiseaux sauvages qui ont dû passer une mauvaise année. Si tel est le cas, le prix des poulets bicyclettes va se faire entendre à cause de la rareté, l’année prochaine.

Pendant ces longues et insistantes pluies, la tomate a pris un coup de pourriture sur pied par excès de pluie, des vendeuses de légumes en parlent. Que va-t-il se passer avec les pommes de terre, le riz et autres qui risquent de pourrir ou  de germer sur pied ? Les spécialistes diront que les prochaines pastèques seront très dépréciées parce que gorgées d’eau. Que dire de ces pluies continuelles sur le cycle de reproduction des abeilles et autres insectes pollinisateurs, déjà que les insecticides leur créent la vie dure ?

Mais au-delà de ces pluies exceptionnellement longues, signe notoire du changement ou du dérèglement climatique, l’appréhension de l’année prochaine doit être de mise : et sera-t-il des mêmes pluies longues et drues ou le contraire ?

La question reste dans l’air.