CENI : première plénière sous Kader Camara, que feront Bakary et Me Kébé ?

09 août 2017 12:12:20
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Le comité de suivi du dialogue politique inter- guinéen s’est réuni hier mardi, pour examiner la mise en œuvre des recommandations de l’accord politique d’octobre 2016.

La bonne nouvelle, c’est la présence de la commission électorale nationale indépendante, secouée par une crise interne entre Bakary Fofana et Me Salif Kébé.

Première information, il a été entendu que la CENI se réunisse demain jeudi pour discuter en plénière d’un Draft de chronogramme pour l’organisation des élections locales.

Si ce projet de chronogramme est validé, il sera partagé au niveau du comité de suivi.

Mais une grosse question : que feront Bakary Fofana, le président déchu et Me Salif Kébé, le président autoproclamé ? Vont- ils faire allégeance au nouveau chef ou boycotter ?

Deuxième information, il a été également discuté, au cours du débat, du processus de lancement pour le recrutement d’un cabinet international pour l’audit du fichier électoral.

« La CENI avait reçu le cahier de charge élaboré par le comité technique paritaire. Des observations ont été relevées. La direction nationale du marché public a été approchée pour savoir quel type d’appel d’offres ils vont lancer en pareilles circonstances ».

  • CONDÉ ABOU

    Cher Monsieur Bah Abdoulaye, salut. J’ai envie de dire que parfois, il faut croire au destin de chaque personne et à l’étoile de chacun. L’arrivée de Mr. Kader Aziz Camara à la tête de la CENI, en est une illustration qui devrait donner à réfléchir à beaucoup de gens.

    Selon la Presse que j’ai lue, Mr. Kader Aziz Camara était en Septembre 2012, le candidat de Mme Hadja Rabiatou Serah Diallo pour remplacer Mr. Lounceny Camara à la tête de la CENI et au nom des 8 Centrales Syndicales dans une bagarre contre son challenger, Mr. Louis M’Bemba Soumah, ancien Ministre du travail pendant la Transition en 2010.

    Kader Aziz Camara, était passé, haut les mains avec 7 voix contre 1 pour diriger la CENI, en tant que candidat désigné de l’ensemble du mouvement syndical, grâce au puissant soutien de Mme Hadja Rabiatou Serah Diallo !

    Au bout du compte, après les élections internes entre Commissaires de la CENI, il s’est retrouvé numéro 3 pour le compte de la Société Civile, derrière Mr. Bakary Fofana, et Me Salif Kébé.

    Au plan du background et du parcours professionnel, il a une bonne référence académique.

    Ingénieur Agro-pédologue né en 1958 à Boffa, diplômé de la 15ème Promotion de l’Institut agronomique de Faranah, puis, Inspecteur du développement rural, Secrétaire Général de la Chambre régionale d’agriculture de Conakry, et chef de Division Suivi Evaluation du projet de développement rural intégré de Dubréka, l’on ne peut que saluer Mr. Kader Aziz Camara, et lui souhaiter plein succès dans sa lourde mission et à ses nouvelles charges.

    Personne ne connait de lui, une appartenance politique quelconque ou un militantisme partisan en Guinée, et c’est déjà très bien de le savoir.

    Ceci dit, l’on pourrait bien se demander, pour quelle raison, Mr. Bakary Fofana et Me Salif Kébé, vont-ils remettre en cause la décision de la haute autorité judiciaire de la matière électorale en Guinée en refusant éventuellement de se soumettre à la nouvelle hiérarchie désignée à titre intérimaire par la Cour Constitutionnelle ?

    Que je sache, ils sont tous Commissaires avant d’assumer des responsabilités dans la structure interne et il serait clairement suicidaire pour l’un ou pour l’autre de ne pas se plier à la décision rendue par la Cour Constitutionnelle.

    Bien au contraire, tous les deux protagonistes devraient s’estimer non pas humiliés, mais plutôt couverts et rassurés par l’onction de l’organe suprême des élections en Guinée.

    Le problème n’est pas même pas de savoir s’ils viendront ou pas à la réunion, mais d’être capable de faire leur propre sursaut en respectant de bout en bout l’autorité du nouveau Président, Mr. Kader Aziz Camara, et pour que la Guinée puisse passer à l’essentiel, à savoir l’organisation des élections locales et communales de manière juste, crédible et transparente.