Cellou Dalein: «qu’a-t-on fait à Dieu pour nous donner de tels dirigeants ?»

20 septembre 2017 20:20:03
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Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo était particulièrement remonté contre le pouvoir d’Alpha Condé quand il s’est rappelé des différents cas de meurtres dans le pays depuis le 3 avril 2011.

En marge de la marche de l’opposition de ce mercredi 20 septembre, il a rappelé les conditions dans lesquelles plusieurs Guinéens ont perdu la vie, à commencer par Zakariou Diallo, tué le 3 avril 2011, jusqu’aux derniers de cas de Boké en passant par ceux tués à Zogota et récemment lors de la grève des enseignants.

« Jusqu’à présent il (le président Alpha Condé, ndlr) a accordé une impunité totale à ceux qui ont tué ces militants. Souvenez-vous des gens de Zogota, des sages, des responsables du district, égorgés à 1h du matin parce que simplement ils ont voulu manifester. Vous avez entendu de justice pour eux ? C’est devenu dans les mœurs, dans les traditions de ce régime de ne pas se soucier de la justice pour les citoyens », a rappelé le chef de file de l’opposition guinéenne.

Très en colère contre Alpha Condé pour tous ces meurtres, Cellou Dalein se demande ce que les Guinéens ont fait à Dieu pour leur donner un tel dirigeant : « qu’a-t-on fait à Dieu pour nous donner de tels dirigeants? Des gens qui n’ont aucun souci pour le respect de la Constitution alors qu’ils ont juré de la respecter et de la faire respecter. Il faut que les Guinéens marchent, qu’on les tue, pour que ce texte fondamental soit respecté par le président de la République qui a prêté serment, juré de le faire sans aucune contrainte. Il n’a aucun respect pour son serment, pour les accords politiques, pour la Constitution, notre loi fondamentale. Mais il faut qu’on reste déterminés parce qu’on n’a pas le choix. On ne peut pas laisser ce monsieur continuer à violer nos droits, à violer notre loi fondamentale, à violer les accords politiques. Qu’a-t-on fait à Dieu pour avoir à la tête de notre pays des gens qui n’ont aucun sens de l’honneur, du respect de la parole donnée ? Nous sommes obligés de nous battre, de suer, en marchant sur 20, 30 km pour obtenir le respect d’une disposition de la Constitution. On dit qu’on n’aime pas la paix. Est-ce qu’on va se soumettre, rester tranquilles et laisser ce monsieur continuer à favoriser l’enrichissement de son clan à travers des marchés de gré à gré. »

Le président de l’UFDG a dénoncé le détournement des deniers publics qui seraient en cours : «les impôts et taxes que nous payons vont dans la poche de quelques individus qui sont autour de M. Alpha Condé, qui, à travers des marchés de gré à gré surfacturés, s’enrichissent, achètent des villas, ouvrent des comptent à l’extérieur alors que notre jeunesse, nos femmes, n’arrivent pas à assurer les deux repas par jour. Voilà pourquoi nos manifestations sont suivies, parce que nous sommes conscients que vous avez pris conscience vous-mêmes de la nécessité de lutter  pour changer les conditions de vie. »

Plus loin, le chef de file de l’opposition envoie un avertissement fort au président Alpha Condé : « Mercredi prochain nous allons faire une marche, et si M. Alpha Condé ne prend pas des dispositions pour respecter et faire respecter la Constitution, les lois de la République et les accords, nous allons marcher pour demander son départ. »

La marche de ce mercredi sera suivie jeudi d’une opération de journée ville morte à Conakry. Une manière pour l’opposition de contraindre davantage le pouvoir à l’application de l’accord politique du 12 octobre 2016, dont le seul point appliqué, selon les opposants, c’est le code électoral.