Carnet de route : voir Yomou, gros hameau érigé en ville, et pleurer

4

Lorsqu’un professeur de géographie parle de Yomou en classe, la seule idée que pourrait se faire tout élève curieux, c’est d’aller découvrir cette ville avant le rappel à Dieu. Vu de loin ou en écoutant les natifs en parler, on penserait à la ville « Suisse de l’Afrique ».

D’abord, parce que c’est la cité de l’hévéa. Ensuite, parce que c’est l’une des 33 villes de la Guinée. Enfin, parce que c’est une ville stratégique qui fait frontière avec la Côte d’ivoire et le Libéria. Autant d’atouts, qui font, apparemment, penser à une ville moderne.

Mais erreur ! La preuve, quand le chauffeur nous ramenant à N’zérékoré, a demandé nos impressions, après notre première visite à Yomou, il a regretté d’avoir posé sa question.

« C’est un faubourg », coupa l’un. « Non, un gros village érigé en préfecture », ironisa un deuxième. « C’est une préfecture enclavée et oubliée par l’État », répliqua un troisième.

Pourtant, entre Yomou et N’zérékoré, la capitale régionale, c’est 75 Km. Une route en terre battue. Aucune couche de goudron. Au bord de la chaussée, des plantations d’hévéa.

A la rentrée de la ville, n’eût été le canon pointé au bord de la route à droite, on croirait à une école, pas un camp militaire. A gauche, sous un hangar, deux soldats rient aux éclats.

Au fur et à mesure que l’on se rapproche du centre- ville, on aperçoit des huttes en paille, des maisons en brique cuite, qui n’attend que le premier vent pour tomber à terre. Par endroits, les tôles usées sont maintenues par quelques cailloux posés sur la toiture.

Pour masquer cette réalité aux étrangers, une légende dit que le nombre des cailloux posé sur la toiture des maisons est l’équivalent du nombre des morts dans cette famille. Alors qu’en réalité, le propriétaire est simplement incapable de renouveler ses tôles.

De même, les rues du centre-ville sont non bitumées, ni aménagées. Aucune couche de goudron. A la gare routière, il n’y avait que deux véhicules le 25 avril à 16h. « S’ils ont deux véhicules pour N’zérékoré par jour, c’est déjà beaucoup », nous a-t-on informés.

Où est la boîte de nuit la plus fréquentée de Yomou, a-t-on demandé à un jeune. Il réfléchit longtemps avant de nous répondre de guerre lasse. « Il n’y a pas de boîte de nuit. Ce qu’il y a ici, c’est un bar près du stade. On y boit et on y danse ».

Cependant, à Yomou, malgré cette triste réalité, tout n’est pas noir. Il y a, par contre, des signes de modernité. Des lampadaires éclairent les grands axes. A la faveur des festivités de l’indépendance, que N’zérékoré a abrité en 2013, des bâtiments publics ont été rénovés.

C’est le cas du siège de la Mairie, du bloc administratif, de la radio rurale, de la gendarmerie, de la place des martyrs et du collège Djindjan. Il y a aussi des transferts d’argent. Et puis, c’est tout.

Leçon de morale : quand on entend les politiques s’entredéchirer à Conakry autour du point 2 de l’accord politique du 12 octobre 2016, alors que des villes de l’arrière-pays comme Yomou meurent à petit feu, on se rend compte jusqu’où la Guinée est pitoyable.

En tout cas, c’est en visitant à Yomou, qu’on se rend compte que lorsque le président Alpha Condé disait, en 2010, qu’il a hérité d’un pays, pas d’un Etat, il faut se rendre, sept ans après, à Yomou, pour mesurer le sens de cette boutade, qui n’est qu’une prophétie.

Pauvre de Guinée, pays francophone à être le premier à accéder à l’indépendance en 1958

Abdoulaye Bah, envoyé spécial de Guinéenews à Yomou

 

  • Yakouba Toure

    Bonjour Mr Bah,
    Votre recis est la dure realité que nous Guineens devons comprendre et assumer, au lieu de s’entre dechirer a conakry nos politiques devraient penser plus tot aux conditions de vie de la population de l’arriere pays.
    Imaginer une ville d’un pays qui a plus de 50 ans d’independance qui n’a recu aucune couche butumes et de surcrois une ville ou l’on exploite de l’hevea et surtout frontaliere, c’est dommage pour mon beau pays.
    Mr.Bah merci pour votre narration, j,apprecie votre travail et surtout votre explication dans un francais clair comprehensible par la majeur partie des lecteurs.
    Merci pour ce travail

  • Georges.

    Monsieur le journaliste, je ne sais pas si on vous a appris dans le journalisme à vous moquer des gens lorsque vous faites des reci mais je constate que vous commencez votre article par des moqueries à l’endroit de la population de Yomou avant d’aller à l’essentiel.Ce n’est pas sérieux de ta part. Décrivez la réalité et ne présenter par d’une façon les populations comme se plaisant dans cette situation. C’est une insulte à notre égard. Je pense que toi tu as de l’eau,de électricité et du goudron partout dans ta préfecture? Si nous tu devrais te plaire aussi comme les gens de yomou de vivre dans cette condition.

  • Adrien chérif

    Commenter : Mr Georges tu fais partie des anti progrès de ma pauvre Guinée. qu’est-ce que Mr Bah a dit dans son reportage de moqueries ? au contraire si tu es un natif de Yomou et soucieux pour son développement tu devrait remercier Mr Bah d’avoir attiré l’attention des politiques et des partenaire ai développement sur les conditions de vie des Guinness en général et des population de Yomou qui est la dernière préfecture du point de vu développement.

  • Paul

    Toi qui parle haut et fort de Yomou viens-tu de quelle préfecture? bien sur tout n’est pas rose mais toi tu en abuse par rapport à la vrai réalité. Soyez sérieux dans vos manière de faire des reportages