Carnet de route : voir la Tour de la Grue Jaune sur la Colline du Serpent et contempler les merveilles de la Chine

22 juillet 2017 14:14:09
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D’aucuns l’appellent le Pavillon de la Grue Jaune. D’autres la Pagode de la Grue Jaune. D’autres enfin la Tour de la Grue Jaune. Mais que ce soit Pavillon ou Pagode ou encore Tour, c’est l’un des sites touristiques les plus visités de Wuhan, la capitale de la province de Hubei située au centre de la Chine. Également appelée la ville des mille lacs ou la ville du Fleuve Bleu.

Quand les cinquante guinéens ont débarqué, vendredi dans la cour du site historique, personne n’avait une idée des merveilles qui se cachaient derrière la montagne. Après les formalités, les hôtes ont emprunté, sous un soleil accablant, des petits véhicules confortables pour serpenter une petite colline recouverte de forêt. A la descente, vous avez la Tour de la Grue Jaune.

En bas, ce qui frappe d’abord tout visiteur, c’est le flux des touristes, qui y monte, et qui y descend. Certains sont des occidentaux, mais la plupart sont des chinois. Rarement des africains. Chose curieuse ce vendredi, pendant que les guinéens, impressionnés par ce monument, faisaient des selfies, les chinois, eux aussi, se rabattirent vers eux pour faire des selfies. C’est l’évènement dans l’évènement.

M. Dong, de taille moyenne et paré d’une chemise et d’un pantalon, s’adresse aux hôtes, dans un français impeccable, avec un accent chinois. Cela fait quinze ans, dit-il, qu’il ne parlait pas le français. Mais avec l’arrivée d’une colonie de francophones à Wuhan, il joue au guide.

Mais c’est quoi la Tour de la Grue Jaune ? D’où vient son nom ? Dans ses explications, notre guide soutient que la Tour de la Grue Jaune est tirée d’une légende locale parce qu’en réalité, c’est la Grue Blanche, qui existe, pas la Grue Jaune.

Autrefois, a-t-il entamé, une dame gentille tenait une taverne au pied de la colline du Serpent à Wuhan. « Un jour, elle reçut un Taoïste, qui lui demanda à manger. Celle-ci s’exécuta des jours durant. Avant de partir, l’hôte dessina une grue sur le mur blanc avec le jaune de l’œuf. Tout à coup, une grue sortit du mur en chantant et dansant. Cela attira l’attention des clients. Avec les recettes de ces soirées, la dame construisit ce pavillon- là », dit-il.

Bâtie sur les hauteurs de la colline du serpent à Wuhan, et faite tout de bois, la Tour de la Grue Jaune, comporte cinq étages de l’extérieur et mesure 51 mètres pour 30 m2 de superficie.

Construite depuis des siècles, puis détruite à plusieurs reprises, soit par les invasions armées ou les incendies, et reconstruite après, la Tour est le symbole touristique de Wuhan, à cause de la conception architecturale typiquement chinoise d’une part et d’autre part, des peintures murales.

Depuis le cinquième étage, la Tour offre une vue panoramique de la ville. Mieux, à partir du crépuscule, la tour étant fortement illuminée, elle offre aussi un spectacle magnifique aux visiteurs. Comme les décors situés le long de « Yangtze », le troisième fleuve le plus long au monde.

Ce monument est-il visité, demande un des 50 guinéens ? M. Dong annonce que ce site accueille entre 5 000 à 6 000 par jour, parfois 10 000 personnes et même jusqu’à 25 000 visiteurs.

« Quand vous venez ici, le 1er octobre, jour de l’indépendance nationale ou le 1er mai, jour de la fête du travail, le lieu est noir du monde et ça fait assez de recettes pour la province. Le ticket d’entrée est à 80 Yuans pour les adultes et la moitié pour les étudiants », explique Dong.

Aussitôt répondu, ces recettes ont fait réagir un des journalistes, Alpha Abdoulaye Diallo, patron du journal « Le Populaire ». « Prenons seulement 5 000 touristes par jour, ça fait 400 000 Yuans par jour. Calculez ça par semaine, par mois et par an, c’est beaucoup d’argent pour la province ».

Pour Arfamoussaya Diaby aussi, un autre membre de la délégation et accro des réseaux sociaux, avec le développement des infrastructures, le tourisme devient une industrie mais cela passe d’abord par la construction des infrastructures, ensuite la lutte contre l’insécurité,  enfin la rénovation des sites existants. « Vous verrez que tout ira à merveilles, il n’y a rien de sorcier ».

Chez nous, à part 1958, le guinéen ignore son histoire. « Nous avons des beaux sites, mais jusque-là non exploités. Regardez, par exemple, sous la transition, ils ont cassé le camp Boiro pour le transformer en camp militaire, renchérit un autre confrère, visiblement révolté.