CAN 2023 : pourquoi la Guinée ne pourrait pas être dessaisie de l’organisation

02 août 2017 12:12:42
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La question fait débat à Conakry. La CAF aurait, selon des rumeurs, l’intention de remettre en cause l’attribution de l’organisation de l’édition de 2023 à la Guinée, mais pour des raisons juridiques, administratives et structurelles, la nouvelle CAF devrait y réfléchir à deux fois avant de se prononcer sur la question. La Guinée aura le plein droit de revendiquer contre cette intention pour plusieurs raisons :

La Guinée est une nation de football, elle a un palmarès à défendre pour postuler largement à l’organisation de la CAN 2018, elle a accepté d’être coiffée par le Cameroun. La  déception était grande mais elle s’en était remise à l’autorité suprême de la CAF sans protester, alors que ceux qui étaient en lice ont eu déjà « leur » CAN.

Pour sa discipline caractérisée, pour son apport appréciable et honorable au football africain et la seule à n’avoir pas encore eu le privilège d‘organiser une CAN, la CAF lui a octroyé celle de 2023 en toute souveraineté et indépendance devant les autres fédérations membres, sans qu’aucune n’avait trouvé à redire. Donc, cela n’a pas été un fait de passe-droit réclamé et exigé à cor et à cri, cela n’est pas entaché d’irrégularités.

 En vertu de quoi encore la Guinée pourrait être dépossédée de cette CAN 2023 ?  Règlement de compte entre Issa Hayatou et Ahmad-Ahmad ?

On ne pourrait l’imaginer, puisque les coupes du monde 2018 et 2022 attribuée dans certaines conditions critiquables par Joseph Blatter ne peuvent pas être remises en cause par Infantino, parce que les nations bénéficiaires se sont déjà lancées dans des préparatifs qui ne coûtent pas rien, comment faire arrêter ces travaux déjà engagés sans penser aux intérêts financiers en jeu au détriment des nations concernées ? Le stade couvert et climatisé que le Qatar est en train de construire pourrait être remboursé entièrement ?

Mais encore, à supposer que la nouvelle FIFA comme la nouvelle CAF, perdait de vue cet aspect de la question, ce serait un précédent qui risquerait de se répéter à l’avenir pour empoisonner l’organisation du football dans le monde. Si à chaque changement, l’on s’aventurait à remettre en cause les actes et décisions de l’administration précédente, alors que la continuité doit être de règle, à quoi ressembleraient la FIFA et la CAF ? Qu’en diraient les sponsors ?

Pour toutes ces raisons, la CAF ne devrait pas tout remettre en cause pour frustrer ka Guinée, qui n’en est pour rien de ce qui s’est passé au sommet et qui a le plein droit d’organiser la CAN 2023. La CAF devrait confirmer cela au plus vite.  Un bras de fer ne servirait qu’à jeter le discrédit sur le continent.

Enfin, l’organisation de la CAN au mois de juillet fera fiasco. Si Ahmad-Ahmad ne le sait pas, il risque de se mouiller les cheveux quand il sera en Guinée pendant le mois de juillet…

Les Guinéens peuvent et doivent rester sereins.

Moïse Sidibé

 

  • CONDÉ ABOU

    Quoi ? Ecoutez cher Monsieur Moise Sidibé, je ne suis pas sûr que vous ayez compris les vrais enjeux de la CAN 2023, et l’agenda du nouveau Président de la CAF, élu par les puissantes Fédérations de football Anglophones et notamment celles de l’Afrique Australe.

    Question. Vous formulez le souhait de ne pas voir la Guinée déssaisie de l’organisation de la CAN 2023, ou bien, pensez-vous que dans l’éventualité d’une décision souveraine de la CAF, la Guinée aura les moyens juridiques d’empêcher ou de contester tout changement de décisions venant de la part de l’Organisation continentale du football ?

    Votre papier ne peut convaincre personne ni dans l’éventualité d’une bagarre judiciaire avec la CAF, ni dans l’éventualité d’une simple menace venant de la part de la Guinée pour inquiéter la CAF sur la base des “droits” acquis depuis l’attribution du fameux sésame. La CAF est inattaquable !

    Sinon, si votre raisonnement tenait la route, dans ces conditions, je ne vois pas à quoi servent les Inspections régulièrement programmées par la CAF à l’occasion des préparatifs des différentes CAN par les pays organisateurs ? Pourquoi, ces Inspections ont-elles lieu jusqu’à la dernière minute ?

    Et pourquoi, voulez-vous que la Guinée, se considère elle-même déjà comme au dessus des Lois de l’instance continentale ? Franchement parlant, je trouve votre raisonnement incompréhensible.

    Dois-je comprendre que la Guinée pourrait bien croiser les bras et organiser à sa propre convenance et selon les normes qui lui conviennent, le programme d’investissement nécessaire pour la tenue de la compétition en Guinée en 2023 ?

    Pourtant dans un précédent article aux tonalités différentes et que vous aviez signé il n’y a pas longtemps sur Guineenews, j’avais apprécié votre observation quant aux conséquences qui découlent de la décision prise par la CAF à l’issue du Symposium sur le football Africain tenu les 18 et 19 Juillet 2017 à Rabat. Une décison, faut-il le rappeler, qui a porté de 16 à 24, le nombre des équipes participant dorénavant à la CAN de football masculin senior ! Votre approche était tout à fait justifiée, de mon point de vue.

    Cette décision de la CAF à effet immédiat dès la CAN 2019, a provoqué un tollé général et beaucoup d’indignation au Cameroun, le prochain pays organisateur. Tout le monde au Cameroun considère, qu’il s’agissait d’une manière pour le Président Ahmad Ahmad de se venger du Cameroun, le pays de son adversaire à la dernière élection à la présidence de la CAF.

    Vous imaginez le nombre de Stades que le Cameroun devra construire et équiper dans un délai aussi court pour répondre aux nouveaux critères imposés par le Symposium tenu à Rabat, auquel la FIFA était largement représentée ?

    Pour autant, en dépit de cette déception nationale chez les Camerounais, à ma connaissance, le Cameroun n’a jamais envisagé le recours à des voies de droit pour attaquer la décision de la CAF.

    Qu’il l’eût souhaité, dans quel pays du monde, une tel recours aurait-il pu prospérer ? Nulle part. Au contraire, comprenant les nouveaux défis qui sont devant lui, et pour défendre son honneur, le Cameroun sauf cataclysme, tient à mettre tous les moyens qu’il faudra pour l’organisation de la CAN 2019 au pays d’Issa Hayatou. Il n’y renonce pas du tout !

    La Guinée qui est programmée en 2023, par rapport au Cameroun (2019) et à la Cote D’Ivoire (2021), peut-elle avoir des arguments en cas d’invalidation, pour tenir tête à la CAF ? Non.

    Tactiquement parlant, la CAF a déjà placé la barre très haut, sachant bien que seule la Côte D’Ivoire pourrait s’en sortir plus facilement que le Cameroun et la Guinée, deux pays qui n’ont pas autant de moyens financiers en ce moment précis.

    C’est peut être une bonne manière pour les nouveaux dirigeants de la CAF, de soumettre ces 2 pays à rude épreuve, étant entendu que le Président Ahmad Ahmad a été quasiment élu sur un programme anti-Francophone par la coalition amenée par les puissantes Fédérations de football de l’Afrique Australe et qui n’ont jamais pardonné à Issa Hayatou le choix des 3 pays Francophones (Cameroun, Côte D’Ivoire et Guinée) pour verrouiller les portes aux pays Anglophones, au moins jusqu’en 2025.

    Le pire c’est que pour ces pays Anglophones et pour de nombreux observateurs qui étaient présents aux dernières élections de la CAF, le choix de la Guinée, n’était pas du tout justifié.
    Lisez la Presse Anglophone d’Afrique Australe notamment Sud Africaine et Zimbabwéenne et vous comprendrez à quel point, le choc est toujours là.

    Conclusion:

    Au lieu de donner du pain béni au nouveau Président de la CAF et qui permettrait d’éliminer la Guinée, dites plutôt aux Autorités Gouvernementales et aux nouveaux dirigeants de la Fédération Guinéenne de Football, de se lever dès maintenant et de se donner les grands moyens de construire au moins 6 grands Stades de référence en Guinée, et qui puissent répondre aux nouvelles normes de la CAF.

    Toutes les données de base ayant changé, la Guinée n’a qu e le seul moyen d’éviter l’humiliation au niveau du continent, en sortant des débats stériles sur la capacité ou pas du pays à éventuellement résister à une décision de révocation de la part de la CAF.

    La Guinée aurait tort de ne pas comprendre l’agenda suivi par le Président de la CAF et qui a été élu par la force des pays Anglophones en particulier ceux d’ Afrique Australe.

    Voilà pour quoi, je suis très réservé par rapport à vos conclusions que je viens de lire. Merci et bonne journée de Mercredi chez vous, Cher Monsieur Moise Sidibé.