CAN 2019 : pourquoi et comment le Cameroun doit et pourra l’organiser ?

08 août 2017 12:12:58
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N’allons pas de midi à quatorze heures chercher à répondre au coup de pied de l’âne. Avant que la CAF sous Issa Hayatou ne dessaisisse Madagascar de la CAN des petites catégories, il nous semblait entendre à l’époque des voix s’élever de Madagascar même dire que le pays ne serait pas dans les délais en plus des difficultés financières.

A l’annonce donc de la décision de dessaisissement, les Malgaches n’avaient semblé prendre ce retrait avec trop de scandale, mais comme une sorte de soulagement. Pour cette raison, pas beaucoup de monde ne s’était intéressé à l’affaire.

Peut-être que Issa Hayatou était allé vite en besogne pour dessaisir Madagascar mais Ahmad-Ahmad,  lui, avec le Cameroun, vole vite en besogne. Vouloir faire comme « celui qui veut tuer son chien l’accuse de rage » pour régler de façon si ouverte, si grossière les comptes sans même prendre des gants, il risque de créer un précédent scandaleux jamais vu dans l’histoire du football africain, un précédent qui risquerait de mettre l’institution en doute : un président de la CAF qui règle les comptes est un homme impartial, faible et incompétent. Désolé de le dire ainsi, parce que c’est ainsi et Ahmad-Ahmad le sait pertinemment. Quelle image voudrait-il que la postérité garde de lui ?

La promptitude dans les réformes bouleversantes, du tic au tac, contrairement à la FIFA qui a attendu que les pays déjà désignés en finissent pour introduire les changements de 32 à 48 et en co-organisation, n’est pas une idée sage et impartiale et surtout au mois de juillet, pour certains pays, c’est la période des grandes pluies.

Si la CAF juge que le Cameroun ne pourra pas organiser « sa » CAN à 24, juge-t-elle aussi que le Cameroun ne pourra pas l’organiser avec un autre pays ? Il est important que la CAF sache qu’elle ne doit pas suivre les opinions de la rue, mais elle doit prendre les décisions capitales selon sa propre conviction, en étant sur le terrain, à moins de vouloir aiguillonner pour perturber. Cette pression est encore plus subtile, plus mesquine et plus dangereuse encore. Car, si le Cameroun se dépêche de finir les travaux à la six-quatre-deux, il risquerait de ne pas respecter les temps techniques pour fragiliser les infrastructures en cours d’exécution… Les ingénieurs des BTP en diront autant. Décidément, Ahmad-Ahmad a la rancune aiguë.

Enfin, Issa Hayatou a fait entendre que les textes existent, juridiquement, cela veut dire ce que cela veut dire, mais pour le profane, qu’est-ce qui est conséquence pour un président de la CAF qui viole les textes de loi qui régissent son fonctionnement ? Il faut éviter ce précédent !

Pour toutes ces raisons, le Cameroun, jusqu’à la preuve formelle du contraire, doit et pourra organiser la CAN 2019. Le cas contraire Ahmad-Ahmad fera mordre le doigt à ceux qui ont voté pour lui contre Issa Hayatou et ils sont nombreux.

Moise Sidibé

 

  • CONDÉ ABOU

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    Non, Cher ami Moise Sidibé. il est tout sauf impartial. Il est carrément partial et à la limite absurde, si vous aviez suivi ses propos à Ouagadougou où il se trouvait ce weekend.

    Selon la Presse Camerounaise de ce Mardi matin, voici ce que Ahmad Ahmad a dit et qui provoque le tollé chez les Camerounais y compris chez l’ancien Patron de la CAF, Mr. Issa Hayatou et qui a fini par sortir de sa réserve.

    Au Burkina-Faso, le nouveau Président de la CAF aurait informé avoir fait appel à un Comité d’experts en hôtellerie, en sports, santé, etc. pour voir si le Cameroun est en mesure d’organiser la prochaine édition de la CAN !

    Selon les médias Burkinabès, ce n’est donc plus un comité de la CAF qui viendra superviser les installations au Cameroun. Alors que sur le plan officiel, les Inspecteurs de la Confédération Africaine de Football (CAF) étaient annoncés au Cameroun entre le 20 et le 28 août 2017.

    «Il n’y a pas de la place pour des dispositions politiques», a fait savoir le patron de la CAF, le Malgache Ahmad Ahmad, ajoutant que «même à quatre poules, le Cameroun n’est pas prêt».

    Qui dit pis ? C’est scandaleux de sa part et condamnable sur tous les plans.

    Voici la réponse de Mr Issa Hayatou, qui sonne comme un cinglant désaveu de la décision absurde et prématurée de son successeur Malgache, et que tout le monde a suivi sur les antennes de RFI ce Mardi matin:

    « Vous savez, depuis que je suis parti de la CAF, je me suis gardé d’émettre un avis sur la Confédération africaine de football, rappelle-t-il au micro de RFI, mais je ne peux que regretter ce qui a été dit. »

    « Il faut venir d’abord constater avant de sortir ce qu’il (Ahmad) a sorti, assène l’ex-dirigeant camerounais. A l’heure actuelle, le Cameroun a déjà cinq stades, on ne parle pas de ceux qui sont en train d’être construits. Personne ne peut dire que le Cameroun n’a rien fait.

    On peut compter le nombre de pays qui a ce que nous avons-là. Nous sommes en avance. Il (Ahmad) n’est pas obligé de faire ce que j’ai fait, mais il est obligé de rester près de la logique et de la loi.
    À l’heure où nous parlons, on a deux ans devant nous, on ne peut pas juger l’insuffisance du Cameroun à l’organisation de la CAN, deux ans avant. Il faut attendre que le délai arrive. ».

    La FECAFOOT pour sa part, et par la voix de son Président Sidiki Tombi Roko, ne se prive pas de rappeler que « le Cameroun vient d’organiser, avec un succès indéniable, la Coupe d’Afrique des Nations féminine 2016 » et a même « reçu les félicitations de la CAF ».
    Et de « réaffirmer solennellement que le Cameroun sera prêt pour l’organisation de la CAN 2019. »