dimanche, 26 mars 2017, 17:01 GMT

C’est Paul Biya qui l’a dit, au moment où les populations anglophones du nord sont en insurrection. Certains demandent la fédération, d’autres la sécession. Le problème serait venu de la ségrégation ou de l’écartement des anglophones dans le recrutement des enseignants, des magistrats et d’autres fonctionnaires de l’administration. 

 

Les enseignants du nord anglophone se plaignent du fait que l’Etat envoie et affecte dans les classes anglophones des enseignants francophones et pour cause, le manque d’enseignants par le refus de recrutement.

Ensuite, ce sont les avocats qui se soulèvent contre l’envoi de magistrats francophones dans les juridictions anglophones parce qu’il en manque cruellement et parce que les recrutements ne les ont pas ciblés.

Au lieu de chercher à résoudre les problèmes, le gouvernement a perdu les pédales pour verser dans la répression. Pendant cette CAN du Gabon, c’est vrai, et il faut le souligner, le nord avait semblé se calmer et même jusqu’au retour des Lions indomptables, les fédérateurs.

Le moment est propice pour régler tous les problèmes sans que le sud n’absorbe le nord. La constitution de 1972 avait abrogé celle de 1961 qui prônait le fédéralisme pour proclamer que le Cameroun est une République unie n’est-elle pas à bout de souffle ?

La question se pose avec un aplomb retentissant. On sait par l’histoire que les problèmes des sudistes viennent des nordistes. La Guerre de sécession chez l’Uncle Sam s’est terminée par la fédération avec un gouvernement fédéral mais que du chemin tortueux parcouru… 

Actuellement, l’histoire veut bégayer au nord du Mali, qui s’est aussi dit « une et indivisible ».  Cela ne se voit ni ne s’entend dans la réalité et les forces d’intervention ou d’interposition ne font que retarder les échéances tout en générant des maux incommensurables. 

Les Touaregs qui ont le tamasheq comme langue, ils ont des mœurs et coutumes différentes de celles des Maliens du sud, veulent un Etat à eux, point à la ligne ! La duplicité qu’ils jouent avec tout le monde est une façon de tourner autour du pot. C’est dans cette brèche que les djihadistes de tous poils se sont engouffrés et y prennent plaisir depuis 2012. On dira que la désintégration de la Libye en est pour beaucoup mais, si le fédéralisme avait été effectif auparavant, on peut se demander si l’ampleur de l’insécurité allait atteindre ce niveau alarmant jusqu’au sud. Les Touaregs auraient défendu leur territoire avant pour freiner toute velléité.

 

Ce n’était pas la vision politique, mais aucune force militaire n’est encore capable de mettre fin aux attaques et aux enlèvements d’otages pour alimenter ces mêmes djihadistes. 

On avait entendu que la France ne payait pas les rançons, mais le pot aux roses vient d’être cassé par l’énorme embrouillamini entre la Défense française et la DGSE. On parle de détournement d’une partie de la rançon de la libération des otages d’AREVA d’Arlit, au Niger. Conséquences, deux journalistes de RFI assassinés et l’ordinateur de la brave et intrépide Ghislaine Dupont vandalisé pour effacer toutes informations afférentes à cette affaire. 

Tel n’est pas le cas encore au Cameroun. La sagesse recommanderait que les Lions indomptables fassent un tour au nord pour calmer la situation, ils ont cette aura. A moins que Paul Biya n’ait une autre solution…

 

 

Moise Sidibé