Axe Mamou-Faranah: quand un arbre menace d’interrompre la circulation

03 octobre 2017 10:10:15
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La gendarmerie routière évolue en rase campagne, un vaste domaine qui comprend l’ensemble du réseau routier national, moins les routes urbaines dont la gestion revient à la police. Pour mener à bien sa mission, la gendarmerie routière organise des patrouilles qui lui permettent d’apprécier tous les aspects concourant à garantir une circulation sécurisée.

Certaines fois, les gendarmes relèvent des situations assez insolites que seul leur professionnalisme peut permettre de déceler. Ils en alertent les autorités concernées pour une réaction appropriée.

C’est  le cas avec la compagnie sécurité routière de Mamou qui fait mention d’un arbre sur la route Mamou–Faranah, précisément au PK 22, à l’amorce de la célèbre descente de Bantanwooro.

Cette descente longue de 07 km est la hantise assurée pour beaucoup d’usagers qui la pratiquent toujours avec appréhension. La cause tient au relief très accidenté qui caractérise les lieux avec une route dégradée, des pentes abruptes, des virages en épingle à cheveux et des ravins profonds. L’arbre dont il s’agit est grand. Il enfouit ses racines dans le talus qui borde la route.

Interrogé sur le danger que représente cet arbre, le chef d’escadron Yakhouba Soumah commandant adjoint de la compagnie sécurité routière de Mamou explique : «cet arbre que vous voyez là est grand, peut être d’un certain âge. Il doit être important pour l’environnement dont l’un des rôles est la protection du couvert végétal. Mais pour nous gendarmes de la sécurité routière, c’est plutôt un risque pour la circulation que nous voyons. Cet arbre, selon nous, peut tomber à tout moment. Observez bien ses racines qui sont de plus en plus apparentes, au fur et à mesure que l’érosion entraîne l’éboulement et ronge le talus. Voyez aussi son tronc qui est évidé, le creux qui est très apparent. Nous ne sommes pas experts en eaux forets ou en météo, mais de nos observations et de notre petite expérience, nous pouvons déduire qu‘il y a de fortes probabilités que cet arbre tombe prématurément.  Pour cela, avec son tronc entamé, il suffit que l’érosion ou l’éboulement atteigne un certain seuil, ou que le vent atteigne une certaine vitesse. Et, vu la configuration du terrain, on peut être certain qu’il s’étalera en travers de la route »

Sur la question de savoir ce que la chute de cet arbre pourrait entrainer comme conséquences, la réponse est sans ambages : « la chute probable de cet arbre peut entrainer de graves conséquences. D’abord, il peut tomber sur un véhicule qui passe juste à ce moment, avec passagers et bagages.

 Ensuite, la route à ce niveau est large de quelques 6, 40m. Il n’y a pas d’accotement. Sur un côté il y a le talus, sur l’autre le ravin. Il n’y a donc aucune possibilité de déviation. Si l’arbre tombe et traverse la route de part en part, la circulation va s’arrêter le temps qu’il faudra pour le tronçonner. Si une telle éventualité se produit la nuit ou sous les intempéries, imaginez les conséquences que cela va entrainer, avec tout ce qu’on sait de la lenteur des secours chez nous.»

Que faut-il faire alors ? «Nous avons accompli  notre mission : constater et informer. C’est de la prévention. D’autres doivent prendre le relais et réagir à temps. C’est de leur responsabilité», indique l’officier de gendarmerie.

 Les autres, c’est qui ?

Pour nous,  répond le chef d’escadron Yakhouba Soumah, les plus concernés sont  les départements des TP (Travaux Publics) et de l’Environnement, des Eaux et Forêts.

Gageons que la réaction interviendra assurément avant la chute probable de cet arbre.