Axe Kissidougou-Kankan : le calvaire des usagers

29 août 2017 9:09:18
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Le tronçon Kissidougou-Kankan est complètement dégradé, surtout de Kissidougou-ville jusqu’à Tokounou, une sous-préfecture de Kankan, à 75km. La route est presque impraticable. Mais de Tokounou jusqu’à Kankan-ville, c’est  passable. Arrivée à 40km de Kankan-ville, la société EBOMAF, celle qui devrait réhabiliter cette route, a pu bitumer cette partie jusqu’au quartier de Bordo à Kankan. Mais, malheureusement, l’État a demandé l’arrêt des travaux jusqu’à nouvel ordre, selon un travailleur de ladite société. Notre reporter a pu constater de visu, au cours de son déplacement sur le terrain, des camions embourbés ou en panne. Certains apprentis de ces camions avaient même des seaux pour diminuer l’eau afin de voir où il faut passer. Les minibus venant de Bamako ou de Kankan passaient difficilement. Les chauffeurs faisaient descendre les passagers pour pousser les véhicules.

Interrogé par notre reporter, le chauffeur de camion, Amadou Bah, se lâche : « Vous voyez là où nous sommes ? Le camion est en panne. J’ai les marchandises des gens et jai beaucoup peur pour ça. L’Etat doit réparer cette route, sinon la population va continuer à souffrir. »

 « La route est complètement bloquée comme ça. Il n’y a pas de passage, il y a trop des nids de poule. Je ne sais pas ce que fait le  Fonds d’entretien routier. Ils sont assis à Conakry. Ils ne viennent pas visiter l’intérieur du pays pour voir comment les routes sont dégradées. Au Sénégal ou au Mali, on ne verra jamais ces routes pareilles. C’est honteux pour nous, je vous assure. »,  indique Mamadi Kourouma, un passager en provenance de Kankan.

Pour sa part, Fatou Camara, vendeuse de condiments en route pour le marché de Tokounou, a dit ceci: « Mon frère, nous souffrons. Nous demandons au gouvernement de régler ce problème. Nos condiments ne font que pourrir avant d’arriver à Tokounou, à cause des pannes de nos véhicules. Nous évoluons à perte pendant cette période. »

Pierre Kamano, un riverain de cette route, réagit en ces termes : « Quand vous entendez ‘’coupeurs de route’’,  c’est parce que les routes sont en mauvais état. Sinon, ces bandits-là n’oseront pas barrer la route comme ça. Nous-mêmes qui sommes au bord de cette route, nous ne sommes pas en sécurité.»

Les responsables locaux qu’on a pu rencontrer ont dit clairement, à l’unanimité, que pour refaire cette route, il faut des milliards. Une tâche qui revient à l’Etat.

Souleymane Taïré DIALLO, depuis Tokounou pour Guineenews