mardi, 28 mars 2017, 11:57 GMT

Moise Sidibé

Guinée : pourquoi 33 ans après le décès de Sékou Touré, la commémoration du 26 mars prend plus d’ampleur que jamais ?

lun, 27 Mar 2017, 18:34

Mythe et réalité

Le vendredi 23 mars 1984 au soir, une frange privilégiée de Conakry apprenait que le Responsable suprême de la Révolution  est tombé en crachant du sang. Ceux qui colportaient la nouvelle chuchotaient aux plus intimes de confiance et disaient que «cette fois…» sans oser terminer la phrase tout en ajoutant : « je ne t’ai rien dit ». Imaginez la chape de plomb.

 

Le samedi au soir, on apprenait que le roi Hassan II du Maroc (et non Hassan VI…) a dépêché un avion médicalisé pour soigner son ami. Plus tard, la rumeur aggravait la situation et on apprendra le dimanche que Sékou Touré a été envoyé aux USA. Là encore, des spéculateurs se demandaient sur l’opportunité de l’envoyer vers Washington et non vers Moscou et Pékin…

Le mardi matin, le journal parlé de ‘’La Voix de la Révolution’’ de 6h 45 diffusait la voix cassée d’émotion et de pleure du Premier ministre Lansana Béavogui : …le camarade Ahmed Sékou Touré était…, sur RFI, on parlait de ce décès

On a couru chez celle qui nous avait informé de la maladie dès le vendredi : « Parle bas, les murs ont des oreilles, tu ne m’as rien dit… ».

C’est dire à quel point la nouvelle était taboue. On apprendra plus tard dans la presse (JA) comment s’était passé la journée du Lundi : Sékou Touré avait plaisanté avec ses médecins de Cleveland, « des artistes en cardiologie » que ce jour n’est pas bon pour lui et c’était vrai car il ne s’en relèvera pas.

La foule jamais vue en densité en Guinée sortie pour accueillir le cercueil placé sur un véhicule militaire et entouré jalousement par des Marocains, qui ne laissaient personne l’approcher, a été frappée par sa longueur. Et quand le président Houphouët Boigny de Côte d’Ivoire et le Vice-président des USA George Bush-père ont voulu voir le corps, ils furent poliment mais fermement empêchés par la garde marocaine. Il n’en fallait pas plus à la rumeur de conclure que le corps de Sékou n’était pas dans le cercueil. Les spéculations allaient dans tous les sens : certains se rappellent que Sékou Touré avait dit que personne, aucun Guinéen ne verra son cadavre ou sa tombe, d’autres disent qu’il avait dit que personne ne dira que « c’est l’ancien président de la Guinée qui passe ». D’autres plus malveillants disaient que le cadavre s’était transformé en monstre…

La guerre de succession qui devait suivre a bel et bien existé, ne falsifions pas l’histoire, elle a failli faire éclater le Bureau politique National du PDG. La rumeur disait que Ismaël Touré avait publiquement contesté la légitimité de Lansana Béavogui, le PM et que de là, les militaires auraient dit : « Entendez-vous, sinon l’armée va prendre le pouvoir »… Ces rumeurs rapportées ne viennent pas de la rue, mais des grandes demoiselles de Conakry, les sources d’informations les plus sures.

Le 3 avril 1984, le premier communiqué du CMRN avait parfaitement fait adhérer la majorité écrasante des Guinéens à la cause militaire par sa belle rédaction concise et bien à-propos. La psychose  était grande, la foule nombreuse, qui était sortie dire adieu à Sékou Touré, est ressortie de plus belle pour accueillir le CMRN et l’ouverture du Camp Boiro. De mémoire, on n’a jamais vue une telle liesse et une telle acrimonie contre le régime défunt. Les militants et caciques du PDG rasaient les murs, à l’image de Oumar Diabaté, notre idole de jeunesse ainsi que Petit-Barry et Amara Kaba….

Pendant 33 ans, la relève n’a jamais pu être effective, pourquoi le PDG commence-t-il à se relever vraiment, maintenant ? Est-ce que parce que Alpha Condé, qui avait dit qu’il prendrait la Guinée là où Sékou Touré l’a laissée a loupé le coach de la réconciliation nationale ?

Ce qu’il faut dire avec force, c’est que, à part le complot dit « complot Peul » qui les avait stigmatisés ad hominem, il n’y avait pas trop de démarcation entre les différentes ethnies, même si on parlait des Malinkés comme phratrie, mais les populations ne se regardaient pas de cette manière critique, au bord de l’implosion. On ne sait pas si le président guinéen est mis au courant de la température sociale est en ébullition, mais la situation est critique. La balle est dans son camp, il faut la dégager au plus vite, en catastrophe, quitte à prendre le pied d’un ami défenseur …

Enfin, une remarque personnelle que personne des biographes de Sékou Touré n’a su décrire : A qui Sékou a dédié son sourire éclatant ne l’oublierait jamais. De tous les hommes, il avait le plus beau sourire du monde et ce n’est pas pour faire des jaloux et c’est loin d’une apologie.

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