vendredi, 20 janvier 2017, 22:06 GMT

 

Loin de nous de jeter un pavé dans la mare par ces questions, parce que toute la presse nationale n’a que des termes élogieux, dès qu’il est question de Antonio Souaré, à commencer par les presses plus critiques, c’est à croire qu’elles sont dans la « soupe antoniesque ».  

 

A les entendre et à constater que le football moribond de Guinée se relève petit à petit, même si les champions de Guinée n’arrivent toujours pas à passer le second tour, on a envie malgré cela de redescendre dans l’arène comme au temps de Pathé Diallo.

 

Antonio est-il vraiment un messie ? Il ne faut pas aller vite en besogne, mais il faut cependant dire que si la Guinée a postulé pour une CAN à la CAF, il y avait deux motivations. La première était que tous les pays voisins ont eu leur CAN. Cela faisait mal à l’orgueil du 28 septembre 1958. Quand Thierno Saïdou Diakité, ‘’Tino’’ pour les intimes, faisait son battage, on le prenait pour un utopiste et on le laissait chanter avec persévérance.

 

Au grand étonnement, en 2014, sous Domani Doré, on nous informe que la Guinée va postuler pour la CAN 2019, c’était une prétention téméraire, la CAF ne lui donnera même pas celle de 2021, mais la suivante. Avec 9 ans de préparatifs, il se pourrait que, mais même cela, certains émettaient des doutes légitimes quand ils voient que le stade de Nongo n’arrivait pas à être opérationnel. L’est-il de nos jours ? Et pour organiser une CAN, la Guinée devait partir de zéro.

 

Les travaux d’Hercule étaient des sinécures par rapport à ce que les Guinéens voulaient entreprendre… Mais, le gouvernement avait une idée derrière la tête, il fallait un homme, un vrai manager et un dirigeant qui puisse conduire les opérations d’apprêtage. Déjà, certains avaient vu le profil de cet homme, serait-il cet Antonio Souaré ?

 

Le mécène ? C’est sans équivoque. On ne pourrait pas énumérer toutes les contributions désintéressées de l’homme pour le football, du Syli National aux clubs de première division et surtout pour que certaines éditions du championnat national puissent être organisées. La presse guinéenne en rabâche les oreilles du public sur le mécène. A maintes autres occasions, on dit que c’est Antonio qui a débloqué les situations. Auparavant, c’était Rusal qui sponsorisait certaines compétitions qu’elle caporalisait, mais elle a jeté l’éponge depuis des lurettes et les compétitions n’arrivaient pas à être organisées à bon escient et à terme. De ce côté, selon la presse nationale est unanime que c’est un mécène. On n’en disconviendra pas.

 

Le marchand du football guinéen ? La question se pose avec acuité, à entendre les présidents de certains clubs de première division. Si Antonio Souaré est un messie et un mécène, on dit aussi qu’il a caporalisé le football guinéen. A lui seul, il est président du club Horoya FC, président de la ligue professionnelle, président du COCAN et vise la présidence de la FEGUIFOOT.

 

Il y aura forcément conflits d’intérêts partout. On a entendu le président du club Soumba de Dubréka  se plaindre du report du match Soumbe-Horoya, parce que le Horoya était allé se mettre au vert au Maroc, ou où-là et que le comité de normalisation n’a pas trouvé à redire sur ce report. On ne sait pas comment l’affaire a été résolue mais on n’entend plus les plaintes venants de Dubréka.

 

Le Horoya n’a-t-il pas eu des contentieux graves avec d’autres clubs et qui ont été épongés par la magie de Antonio ? La question se pose. Que dire aussi de l’arbitrage qu’on peut supposer toujours en faveur de ce club, sur le terrain ou en coulisses. Aucun club n’a eu à se plaindre ?

 

Si Antonio Souré brigue la FEGUIFOOT qu’il a certainement déjà dans la poche, parce qu’on voit mal qui pourrait le tutoyer dans l’implication aussi désintéressée et aussi salvatrice pour le football guinéen, il faudra le suivre dans son rôle de prestidigitateur et jongleur-triporteur avec toutes les hautes fonctions qui régissent le football. Même s’il délègue une partie de ses pouvoirs à un prochain président du Horoya FC, son club de cœur, pourrait-il être impartial dans le jugement, en cas de conflit avec un autre club ? Les sanctions infligées au Horoya seront à la hauteur des fautes ? Ne garderait-il pas toujours une corde à actionner au sein du club ? Toutes ces questions se posent également au niveau des autres postes de commandement des institutions qu’il devra abandonner ?

 

 Dernière série de questions : que pense-t-il vraiment des tournois de détections des jeunes talents et des transferts prématurés de footballeurs pas encore matures pour peu qu’ils éclosent. Comme le faisaient les autres clubs qui ont vendu tous les talents de ce pays qui sont perdus comme immigrants clandestins en Europe ? Comment fera-t-il pour conserver les joueurs au pays sans qu’ils ne trouvent la possibilité de se naturaliser ? Quelle législation pourrait mettre le garde-fou à ce sujet brûlant ?

 

D’autres questions lui seront posées dans le futur.

Moise Sidibé