Alpha Condé musèle la presse dans la perspective de s’offrir un nouveau mandat, selon un opposant

08 novembre 2017 9:09:40
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La semaine écoulée n’a pas du tout été rose pour la presse guinéenne. Le souci a commencé par l’interpellation, suivie du placement en garde à vue de quatre journalistes du groupe Gangan RTV du richissime homme d’affaires et politique Ibrahima Abe Sylla. Puis, est venu le tour de la radio Espace FM et de l’ensemble de ses relais qui ont écopé à leur tour une suspension de 7 jours.

Une mesure de laquelle le chargé de la Communication du PEDN dresse son regard. Sur la question, Faya François Bourouno estime qu’on est en train de franchir la ligne rouge par rapport à la liberté d’expression au pays.

« Sinon, il est inconcevable que la radio Espace puisse subir des sanctions de ce genre. C’est un harcèlement qui ne dit pas son nom. C’est une tentative de musèlement de la presse. Et c’est pourquoi j’invite toute la presse guinéenne, après avoir exprimé notre solidarité d’abord aux journalistes bastonnés à l’Escadron de Matam, après avoir exprimé notre solidarité et notre soutien à la radio Espace et aux journalistes, y compris ceux du groupe Gangan », indique Bourouno.

« Aujourd’hui, poursuit-il, nous faisons une invite à la presse guinéenne de comprendre que cet acharnement, ce n’est pas seulement contre Espace. C’est un acharnement contre toute la presse guinéenne dans un premier temps. Mais aussi, c’est un acharnement contre tout le peuple de Guinée. Parce que derrière tout, il y a un projet caché ».

A cette mobilisation, l’opposant dit accorder une grande importance. En ce sens que ce sursaut patriotique doit être largement suivi pour que le projet caché derrière ces intimidations ne puisse pas voir jour en Guinée.

« M. Alpha Condé veut aller sur la perspective d’un nouveau mandat. Il est en train de travailler sur ça. La première tentative, c’est d’abord de museler la presse. Il y a eu des événements qui se sont passés ces derniers temps, c’était dans le but d’arrêter les opposants. Il y avait 27 opposants sur leur liste, et qui devaient être arrêtés à la suite de certaines rumeurs qui ont été véhiculées ci temps-ci et de certains événements provoqués par le gouvernement lui-même, avec pour but d’arrêter 27 opposants qui étaient sur leur liste », révèle-t-il.

« Et dès le lendemain de cet événement, il y a eu cet acharnement contre Espace. Mais qu’est-ce qu’Espace a fait franchement ? Dans tous les pays du monde on dénonce les comportements au niveau de l’Armée », conclut François Bourouno.