Aide Chinoise pour l’Afrique : l’experte He Wenping édifie la presse guinéenne

16 juillet 2017 16:16:09
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La directrice de la recherche sur l’Afrique de l’Académie Chinoise des Sciences Sociales, Mme He Wenping, a longuement exposé, ce dimanche, pour les 50 journalistes et cadres guinéens en formation à Beijing, sur l’Aide Chinoise en Afrique.

Durant six heures, la chercheuse a évoqué l’évolution de l’aide Chinoise, ses caractéristiques, ses rôles et les nouveaux plans pour le développement Chine- Afrique.

Très à l’aise en Mandarin et en Anglais, cette grande amie du continent pour avoir fait 25 pays africains, dont la RDC, l’Ethiopie et le Rwanda, a soulevé un débat jugé intéressant.

Faut-il continuer à aider l’Afrique ou faut-il supprimer l’aide au développement ? Autrement dit : quelle aide réelle pour l’Afrique ? Faudrait-il une aide avec ou sans condition ?

Dans son exposé, l’experte chinoise a commencé par relancer le débat soulevé par l’économiste Zambienne, Dambisa Moyo, qui, en 2009, a indiqué dans son livre intitulé « Dead Aid », que l’aide au développement est contre-productive pour l’Afrique.

Cependant, pour Mme Wenping, cette thèse de l’économiste zambienne, bien qu’applaudie par les occidentaux, confrontés à la crise économique mondiale, ne fait pas l’unanimité. A ses yeux, les défis de l’heure sont : comment utiliser l’aide au développement ? Comment élever le niveau de notre indépendance ? Faut-il aider avec condition comme les Occidentaux ou sans condition comme les Chinois ?

En réponse, la conférencière soutient que la voie chinoise semble la meilleure pour la simple raison que son aide est sans condition. La preuve, a-t-elle souligné, les experts Occidentaux chargés d’exécuter des projets en Afrique mènent une vie de luxe, alors que leur homologue Chinois, pour le même projet, mène une vie ordinaire.

C’est pourquoi, a-t-elle encore enchaîné, malgré la conjoncture internationale et le ralentissement de son économie, la Chine ne veut ni supprimer son aide pour l’Afrique, ni la réduire. Contrairement aux Occidentaux, elle entend intensifier sa coopération en accordant la moitié de son aide au continent africain à travers la construction des chemins de fer, des routes et autoroutes, ainsi que le transport aérien.

Pourquoi moderniser le transport aérien, par exemple ? A en croire Mme Wenping, c’est parce que l’Afrique n’est pas totalement servie en liaison aérienne. Pour aller d’une capitale africaine à une autre, par exemple, le passager est obligé parfois d’aller jusqu’en Europe. Ce qui prendrait assez de temps et d’argent, a-t-elle déploré.

Or, dans les dix programmes majeurs que la Chine propose à l’Afrique dans les trois ans à venir pour une enveloppe estimée à 63 milliards USD, la construction des infrastructures occupe une place de choix. C’est d’ailleurs la clé de la participation Chinoise en Afrique. Les infrastructures ? Parce que pour l’experte, le décollage de l’Afrique passe par la construction des infrastructures et l’industrialisation.

Poursuivant, son argumentation, Mme He Wenping a laissé entendre que, contrairement aux pays occidentaux, la Chine ne conditionne pas son assistance étrangère. « Les pays Occidentaux, eux, quand ils font une aide, ils posent des conditions politiques ou économiques comme en Ouganda où ils ont conditionné leur aide à la levée de la restriction interdisant l’homosexualité », a-t-elle encore précisé.

Dans sa conclusion, l’experte chinoise a insisté que, malgré la chute du prix des matières premières sur le marché mondial, les perspectives sont bonnes entre la Chine et l’Afrique à cause de l’accroissement des échanges commerciaux et économiques, surtout avec l’annonce de l’initiative « Ceinture et route », qui prend d’envergure.