Agriculture: vers la relance de l’exportation de l’ananas frais de la Guinée sur les marchés internationaux

26 juillet 2017 17:17:58
1

A la demande de la Primature, le ministère de l’Agriculture en collaboration avec le Bureau d’exécution stratégique de la Primature et les principaux acteurs du secteur, a pris l’initiative de relancer l’exportation de l’ananas frais de la Guinée vers les marchés internationaux, a affirmé Jacqueline Sultan à Guinéenews.

En effet, exportatrice de premier rang jusque dans les années ‘’70’’ et reconnue pour la qualité de ses variétés  d’ananas, dit-on, la Guinée a été absente des principaux marchés de consommation d’ananas frais ces dernières années.

L’initiative du ministère de l’Agriculture pourrait permettre à plusieurs  producteurs de Forécariah et de Kindia de bénéficier de l’encadrement technique de la Coopérative Burquiah, dit-on, une coopérative qui aurait une expérience importante dans l’exportation d’ananas vers l’Union Européenne, ainsi que de celui de la Fédération des Planteurs Fruitiers de Basse-Guinée, qui se serait engagée à fournir un suivi rapproché de l’ensemble des producteurs concernés.

Le Bureau d’Exécution Stratégique de la Primature (BES) a pour objectif d’accélérer la mise en œuvre d’initiatives phares du gouvernement par le développement et l’incubation d’approches de mise en œuvre et de gouvernance efficaces, durables et axées sur les résultats. Les projets pilotes du BES sont axés sur l’agriculture, les mines et le développement.

«Pour  nous, l’objectif c’est d’augmenter la productivité à l’hectare pour passer  de 30 tonnes à 50 Tonnes à l’hectare. Ça suppose qu’on ait du matériel végétal. Et l’autre aspect c’est d’augmenter les superficies. A date, sur les deux bassins de production concernés par cette relance, le bassin Forécariah et le bassin Kindia, nous comptabilisons à peu près 250 hectares de superficie emblaver pour l’ananas. L’objectif, c’est qu’en 2020 on arrive à 1000 hectares. Donc, multiplier par quatre ces superficies et augmenter les rendements de 30 à 40 Tonnes à l’hectare », a annoncé la ministre de l’Agriculture.

Cette année, a-t-elle indiqué, le département en charge de l’Agriculture entend avoir suffisamment du matériel végétal pour passer de 200 hectares à 400 hectares en 2018. « Nous avons des champs de rejets que nous sommes en train d’accompagner pour qu’il y ait suffisamment de matériel végétal pour emblaver et passer de 200 à 400 hectares en 2018. Nous doublons pratiquement les superficies. Et si nous arrivons à augmenter la productivité, nous pensons pouvoir exporter environ 400 Tonnes d’ananas fruit sur des marchés étrangers. Mais cela ne veut pas dire que nous sommes à 400 Tonnes de production. Nous sommes à quelques milliers de production d’ananas, mais l’ambition, c’est quand même d’enclencher la dynamique d’exportation de l’ananas », a expliqué Jacqueline Sultan.

 

  • CONDÉ ABOU

    Quel pays difficile à comprendre ! La production mondiale d’ananas a dépassé 24 millions de tonnes en 2016 et la demande reste soutenue selon toutes les prévisions des Experts.

    La demande d’ananas frais sur le marché international a été évaluée à plus de 20 millions de tonnes en 2015, selon les mêmes Experts.

    Or, l’ensemble de la production Africaine selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’élève à 3 millions de tonnes, dont la moitié est assurée par le Nigéria.

    La première économie du continent est ainsi classée 8ème pays parmi les producteurs mondiaux d’ananas, avec au total 1,5 million de tonnes. Suivi par le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le Ghana.

    Selon la Presse, en 2010, on estimait la production nationale d’ananas du Cameroun à 136.800 tonnes. Les principales variétés d’ananas dans ce pays sont: la Cayenne, la Sweet, le Pain de Sucre et la Queen.

    Le Nigéria exporte principalement vers le Niger. Alors que la Côte d’Ivoire avec une production de 78.000 tonnes par an et le Ghana 56.000 tonnes exportent principalement vers l’Union Européenne (UE).

    Volet importations, près de 90 % des ananas importés par le port d’Anvers en Belgique, sont destinés à l’Allemagne (36 %), les Pays-Bas (17 %), la France (16 %), la Belgique 12% et l’Italie (11 %).

    En 2015, les Philippines occupaient toujours la tête du peloton des producteurs d’ananas dans le monde, avec plus de 2 millions de tonnes par an. Deuxième du classement, la Thaïlande produit, quant à elle, 1,8 million de tonnes, talonnée par le Costa Rica avec 1,7 million, alors qu’en 2010, le Brésil occupait le 2ème rang mondial avec 2,12 millions de tonnes derrière les Philippines.

    Le Bureau d’exécution stratégique (BES) de la Primature avait affiché ses ambitions pour la relance de la filière ananas en Guinée, à l’occasion de 2 ateliers dont le dernier en date avait lieu, je crois savoir en Décembre 2016.

    Placé sous l’autorité du Premier ministre, Chef du Gouvernement, le BES, en coordination avec le Ministère de l’Agriculture et le Cabinet Dalberg, avait organisé son deuxième atelier sur l’ananas où ont été identifiés les mesures à prendre dans le deux années à venir pour relancer la filière.

    Question.

    Comment peut-on interprèter une approche qui vise à arriver à repositionner la Guinée avec une production de 2.500 tonnes d’ananas dans les 3 prochaines années ?

    Un pays, dont la production d’ananas (14 à 20 mois entre la plantation et la récolte) a fait partie des légendes des meilleurs producteurs de ce fruit durant la période coloniale et au début des années 60 ?

    Si la demande solvable n’existait pas du tout, je pourrais bien comprendre ce chiffre projeté. Ce qui n’est pas du tout le cas, rien que sur les marchés de l’Union Européenne.

    De mon point de vue, ce projet du Ministère de l’Agriculture manque tout simplement d’ambitions et de punch. C’est le moins que l’on puisse dire, et c’est dommage pour le pays au regard du niveau d’organisation des producteurs dans les autres pays africains, et de leur force de vente.

    Quel problème particulier il y a, à mettre en concurrence votre partenaire actuel avec 3 ou 4 autres concurrents, au vu du potentiel immensément riche des Préfectures comme Forécariah, Kindia, Dubréka, et celles de la Guinée Forestière ?

    Ce n’est pas nécessairement un projet dont le développement devrait être circonscrit à un Bureau d’Etudes Ministériel, fut-il celui de la Primature ou de la Présidence de la République.

    Cela n’a aucun sens au regard des problèmes du marché et du contexte du commerce international des fruits et légumes. À moins que le Ministère de l’Agriculture ne dispose d’aucun Plan de travail, ni d’aucune compétence en matière de conception et de développement de projets agricoles tournés vers l’exportation ! Ce qui me paraîtrait invraisemblable sur toute la ligne.

    Le schéma actuel que vous venez de présenter n’a fonctionné nulle part en Afrique, et c’est très dommage pour le pays: 100 tonnes à exporter entre Octobre 2017 et Janvier 2018, puis, 2.500 tonnes par an, à l’horizon 2.020 ! Incroyable.