Afrique du Sud : Jacob Zuma entraîne L’ANC vers le déclin

09 août 2017 12:12:13
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La destitution de Zuma n’est qu’en véraison mais le ver est déjà dans le fruit. Certains pensent que s’il a échappé au vote de destitution, c’est peut-être que les évènements qui tournent en rond au Brésil ont eu une influence quelconque dans la bascule.

La majorité écrasante de l’ANC sur l’échiquier politique sud-africain s’est significativement réduite à une vingtaine de voix lors de ce vote de défiance, autant dire dire un camouflet. Même si les caciques du parti pour la frime et l’esbroufe ont crié victoire s’estiment, l’enthousiasme n’est plus au beau fixe. Jacob Zuma n’a plus plusieurs cordes à son violon.

Les Gupta les ont presque toutes coupées  dans leurs immixtions et implications dans les nominations à des postes de commandement économique. Maintenant que les sud-Africains les ont à l’œil et qu’ils doivent se tenir à carreau et marcher sur des œufs, leurs interventions dans la cuisine intérieure du pays vont se limiter à la transparence. Les Gupta savent que si l’ANC dans cette formule disparaissait en 2019, ils ne vont pas avoir des vieux os, ce qui fait dire que Jacob Zuma n’a plus que sa seule corde à pincer pour propulser N’Kosazana Dlamini Zuma à la tête de l’ANC. Ça ne va pas être une formalité, loin s’en faut, mais comment fera-il dans cette impopularité croissante ? Les députés de l’opposition ont fait comprendre à leurs homologues de l’ANC avant le vote l’impérieuse nécessité du choix entre un homme et sa famille et le parti, le pays, en un mot.

La corde ethnique, comme on ne nous en dit pas assez, continue à vibrer en Afrique du sud, en dépit de tout ce qui est « Vérité et réconciliation » ; la xénophobie est la sœur aînée de l’ethnocentrisme ? Si l’une est là, l’autre est à côté. Et Zuma dû compter sur cette corde, même s’il s’est gardé de la jouer publiquement.

La balle est déjà partie, si Zuma est resté, il sait que ce qui reste de son mandat ne sera pas de toute quiétude. La corruption, le chômage, l’immigration, le marasme économique, le déficit… sont autant de casse-tête au-dessus de sa tête, et de sa tête dépend celle de l’ANC et de ses membres. Il reste à observer le tendance que va prendre la COSATU.

Comme les choses vont se décanter en 2018 au Brésil, l’Afrique du sud aura largement le temps de voir comme les Brésiliens vont attacher le pagne.

Moïse Sidibé