dimanche, 26 mars 2017, 17:01 GMT

L’audience correctionnelle du Tribunal de Première Instance de Mamou portant sur le dossier de détournement des 259 millions de francs guinéens à la mairie, s’est ouverte le mercredi 18 janvier 2017, a-t-on constaté sur place.

Le président du tribunal a ouvert l’audience par la lecture du procès verbal établi par le juge d’instruction par rapport au transport judiciaire effectué en guise de supplément d’informations. Un procès verbal qui fait état d’anomalies sur les registres de la mairie qui ne sont pas paraphés et des ordres de mission établis et signés par Honoré Saa Tolno, l’ex-Secrétaire général et dont les traces ne figurent pas dans les registres.

Des traces sur la fourniture alimentaire d’un montant de 2 640 000 GNF versé par mois au compte des dix conseillers actuels de la mairie. Par contre, les fouilles dans les locaux de la mairie n’ont pas permis de trouver les traces relatives aux 18 millions dans lesquels ont été pris les 5 millions qui auraient été partagés aux conseillers comme l’annonçait Honoré. Il ya plutôt les traces d’un montant de 17 millions qui ont été retrouvées.

L’audition de Mamadou Alpha Barry, l’actuel président de la délégation spéciale a démontré qu’il y a eu 4 sessions communales contrairement à ce qu’affirmaient à la barre les conseillers communaux qui parlaient de deux lors de leur passage.

Après observation des parties sur le procès verbal, le greffier a lu l’ordonnance de clôture des opérations du supplément d’informations.

Dans ses réquisitions, le Ministère public est revenu sur la genèse de ce problème : «lorsque le Secrétaire général a adressé une correspondance à son ministre via la représentation locale pour le saisir sur une éventuelle malversation dans les finances de la mairie. Le gouverneur a convoqué une réunion d’urgence au cours de laquelle le détournement de 259 millions a été découvert. Ce détournement implique Elhadj Oumar Diallo, l’ex-président de la délégation spéciale, Honoré Saa Tolno, l’ex-secrétaire général et Soriba Keïta l’ex-receveur. Il ressort que le montant détourné a été décaissé en deux tranches: 180 millions et 79 millions. Le premier montant a été partagé sans problème. C’est au sujet du second montant qu’il y a eu incompréhension.  Le samedi 9 avril 2016, le gouverneur de région a saisi la gendarmerie. Un mandat de dépôt a été décerné contre les prévenus. Après quelques semaines de détention à la prison de Mamou, chacun d’eux s’est acquitté du montant dû pour bénéficier du contrôle judicaire.»

Le Ministère public requiert contre Elhadj Oumar Diallo, Honoré Saa Tolno et Soriba Keïta la prévention pour des faits de ‘’détournement de deniers publics’’. Ensuite, il a proposé des peines complémentaires dont entre autres,  la confiscation des sommes consignées auprès du greffe par les trois accusés (18 millions par Elhadj Oumar Diallo, 22 millions par Honoré Saa Tolno et 214 millions par Soriba Keïta).

Après les réquisitions du Ministère public, s’en sont suivies les plaidoiries des avocats.

Me. Banacé Fofana, l’avocat de la défense, a plaidé coupable pour ses deux clients, Soriba Keïta et Elhadj Oumar Diallo avant de solliciter des circonstances atténuantes pour eux tout en souhaitant qu’ils soient considérés comme étant des délinquants primaires.

Quant à Me. François Mansaré, il a fustigé l’attitude du camp du Procureur qui, dit-il, cherche à noyer son client Honoré dans cette affaire. Me. Mansaré indique que c’est parce que son client a dénoncé ce détournement que toutes les charges retombent sur lui…

Le président du Tribunal, Sidiki Kourouma reprenant la parole a, pour sa part, déclaré la clôture du dossier avant d’annoncer que le 22 février prochain comme date de la délibération.

 

Badicko Diallo

Mamou, Moyenne Guinée.

Badicko Diallo