Les accords politiques du 12 octobre au centre d’un forum à N’zérékoré

13 mai 2017 1:01:22
0

Une mission du comité de suivi des accords politiques du 12 octobre 2016 a rencontré vendredi 12 mai 2017, des administrateurs territoriaux, des représentant des partis politiques et de la société civile de la région administrative de N’zérékoré. Objectif, échanger avec ces derniers sur l’évolution de la situation socio-politique du pays notamment le niveau d’avancement de l’application de ces accords.

C’est une initiative de l’ONG Search For Common Ground en collaboration avec l’ambassade des Etats-Unis et le gouvernement guinéen. Durant trois heures, les membres de la mission ont donné d’amples informations sur la situation socio politique actuelle du pays dans la salle polyvalente de l’ENI (Ecole Normale d’Instituteurs).

Dans son intervention, Dr Yamoudou Condé, secrétaire général du ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation est revenu sur le contexte qui a conduit aux accords politiques du 12 octobre 2016 en ces termes : « Vous savez qu’à un moment donné, la situation politique était globalement bloquée. Les gens ne se parlaient pas. Sur instruction de monsieur le président de la république qui a été relayée par monsieur la premier ministre, chef du gouvernement, il a été confié à notre département d’accomplir sa mission régalienne qui est celle de rétablir le dialogue avec les partis politiques. Nous avons donc écrit aux partis politiques de l’opposition, à ceux de la mouvance pour qu’on se rencontre pour parler de reprise du dialogue. On a demandé à chaque groupe de désigner cinq représentants. Et c’est ce qui fut fait. Mais parmi les cinq représentants de l’opposition républicaine, il n’y avait ni de représentant de l’UFR, ni de représentant du PEDN. Monsieur le ministre a dit qu’il faudrait envoyer d’autres courriers à ces partis politiques pour qu’on puisse les rencontrer aussi. Nous avons commencé les contacter par l’opposition. J’avoue que l’opposition est venue en ordre bien structuré avec une bonne représentation. Elle nous a faits savoir qu’il y avait des préalables qu’il fallait satisfaire pour que ce dialogue ait lieu. Monsieur le ministre leur a demandé d’écrire. Ils ont écrit tout ce qu’ils avaient comme préoccupations. C’est ce qu’on a fait avec la mouvance également », a-t-il expliqué.

Ce dialogue a abouti à un certain nombre d’accords appelés les accords du 12 octobre 2016. Aujourd’hui, le problème d’application de certains points de ces accords est à la base des tractations entre la mouvance et l’opposition. La deuxième menace même de descendre dans la rue après le ramadan si ces accords ne sont pas respectés.

Pour le député Mamadou Cellou Baldé de l’opposition républicaine, la pacification du pays passe nécessairement par le respect de ces accords.

« Nous avons tous connu des années de turbulences, d’instabilité sociale et politique dans notre pays. Ce qui ne peut pas aller de paire avec un développement économique et social durable pour notre pays. Et pour que nous mettions cela derrière nous et que nous nous tournions vers le développement, il faudrait qu’on œuvre tous pour que l’accord politique inter guinéen du 12 octobre 2016 soit appliqué dans a globalité », a insisté le député de l’UFDG.

De son côté le président du groupe parlementaire du RPG-Arc-en-ciel, Amadou Damaro Camara, le blocage de l’application de ces accords est dû à leur rapport avec la constitution.

« Les accords sont absolument importants. Mais il y a aussi un autre problème fondamental qui se pose. Est-ce que les accords sont au dessus ou en dessous de la constitution ? Est ce que les accords doivent permettre de violer en certains endroits la constitution ou pas ? Tout cela peut faire débat. Ce que je veux dire en conclusion, c’est qu’il a été plus facile d’écrire des choses pendant les accords mais qui aujourd’hui connaissent certaine difficultés d’application », a-t-il lancé.