Accident tragique de Dubréka : le témoignage émouvant et poignant de la croix rouge de Kaback

08 mai 2017 12:12:24
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En séjour à Kaback, votre quotidien électronique, Guinéenews, a tendu le micro au président de la commission sous-préfectorale de la croix rouge de Kaback, Mamady Guilavogui, qui fait un témoignage émouvant.

Depuis samedi, tout Kaback était en mouvement. Cela fait suite à l’accident terrible qui s’est produit à Dubréka. Tout est parti des préparatifs d’un mariage qui devait se tenir à Koba. 33 passagers étaient concernés par ce voyage dans un car appelé Bambanyi. A mi-chemin, le véhicule prenait des passagers. De Kaback jusqu’au marché, ils ont dépassé Manfrinyah, ils sont partis jusqu’à une cinquantaine de passagers. De Mafrinyah à Coyah, ils ont atteint la soixantaine. Arrié à Dubréka, l’accident a eu lieu. Le samedi à 20h, nous avons reçu 18 corps. On avait annoncé 19 corps. Mais moi, personnellement, j’ai recensé, avec la population et les parents des victimes, 18 corps, dont 11 femmes. Parmis ces femmes, il y avait un bébé recouvert par sa maman lorsqu’on prenait les corps. Malheureusement, la maman, Yarie Sylla, était morte tout comme son bébé, M’mah Soumah. Depuis samedi nuit, on était dans les démarches. On a identifié les corps. On a enterré trois corps, qui ne pouvaient attendre le matin. Parmi les 18 corps, il y avait deux corps qui n’étaient pas des ressortissants de Kaback. L’un était le fils d’un cadre, qui s’était embarqué à Coyah. Celui-ci devait voyager sur sa moto, selon son père, mais il a préféré s’embarquer dans le minibus comme le transport était gratuit. En Guinée, quand on dit gratuit, tout le monde veut en profiter sans regarder la norme. C’est ce qui explique la hausse des passagers. Le père de cette victime-là est venu chercher le corps de son enfant. Le chauffeur du véhicule n’était pas de Kaback. Son corps a été transféré à Forécariah pour l’enterrement. Lorsqu’on a enterré les trois, ce dimanche matin, on a eu à enterrer treize autres corps derrière la mosquée de Kaback, soit 16 corps. On vient d’enterrer trois encore. Parmi ces victimes il y a une fille, qui était mon élève. Elle devait faire la neuvième année, Mama Aissata Youla. Elle était du convoi. Je l’ai enseigné au primaire. Elle faisait la 8e année, plus deux autres garçons. Dans ce lot, le corps enseignant est en deuil. Il n’y a que mes élèves. C’est ma promotion, qui a trouvé la catastrophe. Les trois sont là. On est prêt pour aller les enterrer.

Abdoulaye Bah, envoyé spécial à Kaback, pour Guinéenews