Absentéismes au service: 54 agents de santé dans la ligne de mire des autorités sanitaires de Labé

19 mai 2017 9:09:01
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Les nouvelles recrues de la fonction publique au compte du département de la Santé ont du mal à se rendre ou à se maintenir à leurs lieux de mutation respectifs. Ce qui constitue aujourd’hui une épine dans le pied des responsables de la Santé de Labé. Quelques mois seulement après leur déploiement, des agents de santé n’auraient toujours pas rejoint leur poste d’affectation. C’est le cas de la région administrative de Labé où sur un total de 516 agents affectés, la direction régionale de la Santé (DRS) enregistre déjà un total de 54 absents.

Une situation qui préoccupe Dr El Hadj Mamadou Oudy Bah, le directeur régional de la Santé de Labé qui rappelle d’abord les dispositions prises par son département pour gérer ce genre de situation. « Le ministère de la Santé nous avait donné des instructions. La première instruction était de suivre les agents tous les mois parce que comme on a l’habitude de voir les choses, quand les agents sont mutés, généralement ils viennent prendre service et retournent aussitôt après avoir bancarisé leur salaire. Finalement, tu ne les verras plus. Alors, c’est ainsi que le ministère nous a demandé de faire la situation à la fin de chaque mois. Et c’est ce que nous avons fait pour ce mois d’avril et nous avons remonté l’information », soutient-il.

C’est en fonction de cette situation que le ministère de la Santé va payer les nouvelles recrues, poursuit Dr Oudy tout en livrant le nombre d’absents recensés dans la région de Labé. «Ils vont envoyer les salaires. Ceux qui sont présents seront payés. Ainsi, nous avons envoyé la liste. Par exemple à Labé, ici, sur l’ensemble des agents déployés sur le territoire de la préfecture, il y a 37 absents. A Koubia, nous avons enregistré deux absences. A Lélouma, nous avons enregistré une absence. A Mali, c’est un total de 10 agents qui ont été cochés absents. Et à Tougué, il y a 4 absences. Ce qui fait un total de 54 absents dans la région », précise le DRS.

« Maintenant, nous avons reçu une autre liste d’agents qui étaient en formation pour une longue durée, que le département a redéployés vers le ministère de la Santé. Pour le moment, ceux-ci ont des congés de formation. Je ne sais pas si les 54 absents sont tous en formation ou s’ils ne sont pas en formation. Dans tous les cas, le salaire de ces 54 absents n’arrivera pas à Labé. Ne seront payés que ceux qui sont sur place », insiste Dr Oudy Bah.

Pour ce qui est des causes éventuelles de ces multiples absences, le directeur régional de la Santé de Labé est on ne peut plus clair : « ce sont les DPS (directions préfectorales de la Santé) qui pourront bien nous situer. Mais quand ils nous donnent un nom souvent, c’est une absence non justifiée. On a envoyé toute la situation au niveau du ministère de la Santé qui promet de nous faire revenir après examen, en nous déposant les salaires. Et les gens vont être payés par billetage. Ce sont ceux qui sont sur place et qui travaillent qui seront payés ; mais ceux dont les noms ne seront pas remontés, leur salaire restera à Conakry », conclut le DRS de Labé.

Pour rappel, malgré le déploiement de ces 516 agents dans la région administrative de Labé, nombreux sont les postes de santé et centres de santé situés en rase campagne qui souffrent toujours du manque de personnel.

Alaidhy Sow à Labé pour Guinéenews.org

  • j’ai suivi avec attention les explications de Dr Oudy BAH, le Directeur Régional de la santé de LABE qui pense que les absences enregistrées dans les lieux d’affection ne sont pas justifiées. je voudrais savoir quelles ont été les mesures d’accompagnement prises pour les nouvelles recrues leur permettant de vivre décemment en attendant leurs premiers salaires ? La situation des femmes a -t- elle été prise en compte pour leur accorder une prime d’installation surtout quand on sait que sans couverture minimum celles-ci sont vulnérables ? Les statuts de la fonction publiques guinéenne ne prévoient-ils pas de prime d’installation pour ses agents affectés dans les localités éloignées? Ces agents doivent-ils compter sur les efforts de la population locale alors qu’ils doivent uniquement compter sur l’État pour mener à bien leur mission de service public ? L’administration a-t- elle tenu compte de la situation géographique de chaque agent dans l’affectation en vue d’atténuer les effets néfastes d’un manque de revenu ? N’est-ce pas le début de la corruption ou un apprentissage à la corruption cautionné par l’administration de laisser ses agents dans cette précarité ? A mon humble avis, le défaut de moyens expliquerait cette situation d’absentéisme.
    Je propose alors que les premiers salaires soient accordés aux ayants-droits pour leur permettre de constituer leurs bases. si en dépit de cela, les choses ne changent pas, l’administration peut prendre des dispositions qui s’imposent.