A vos marques, prêts, feu, partez aux élections : malheur aux tocards, gare aux faux-pas

07 décembre 2017 11:11:13
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Douze ans après le dernier scrutin, les guinéens iront aux urnes, le 4 février, pour élire les nouveaux maires. Ces joutes, plusieurs annoncées mais repoussées, ont un triple enjeu : parachever la transition en cours, renvoyer les délégations spéciales périmées et amorcer le développement à la base.

A soixante jours du scrutin, l’heure est aux préparatifs, au sein des états-majors des partis, à travers le choix des candidats, la constitution des listes, l’élaboration des stratégies et la mobilisation des fonds. Selon la CENI, le délai butoir du dépôt des candidatures est fixé du 6 au 20 décembre prochain.

Mais le hic, certains partis seraient confrontés au choix cornélien des candidats. Doit-on reconduire la délégation spéciale sortante ou miser sur le député natif de la localité ? Doit-on organiser des élections primaires ? Doit-on aller en solo ou en alliance ? Dans l’un ou l’autre cas, le débat est lancé.

Concernant la première question, il serait difficile de répondre à l’affirmative. Puisque, de l’avis général, les députés comme les maires n’ont pas donné entière satisfaction. Que ce soit ceux du camp présidentiel ou ceux de l’opposition. Ils sont tous du pareil au même. A quelques exceptions près.

Pour preuve, certains présidents des délégations spéciales ont brillé par des détournements de fonds, alors que les députés, pour la plupart, sont accusés, à tort ou à raison, d’avoir passé tout leur temps à s’engueuler au parlement ou à demander des privilèges. Rare ceux qui ont posé des actes.

Concernant la question des alliances, l’UFDG a tranché, il ne remorquera personne. C’est chacun pour soi, Dieu pour tous. Au RPG Arc-en-ciel, les alliés sont furieux puisqu’ils ne sont pas têtes de liste.

Dans la plupart des états-majors, les leaders sont soumis à un arbitrage délicat. Or, il faudra trancher. Il y a un premier groupe qui s’était désisté lors des élections législatives au profit d’autres. Aujourd’hui, ceux-ci attendent d’être rétablis. Il y a aussi des députés, qui souhaitaient être maires de leur ville. Il y a enfin la jeune génération qui plaide pour un rajeunissement de leur appareil politique.

Le second problème, c’est l’émiettement de la classe politique. Aux élections législatives de 2013, par exemple, l’opposition guinéenne avait créé la grosse surprise en remportant les cinq communes de Conakry. Une première. Mais cette année, il sera difficile de rééditer cet exploit. Pour la simple raison que son union d’antan a volé en éclats. L’UFDG et l’UFR iront en rangs dispersés.

Dernier problème, c’est le point 2 de l’accord politique du 12 octobre 2016, qui ne donne aucune chance aux petits partis politiques. Or, qui veut faire des bons résultats aux prochaines élections législatives et à la présidentielle de 2020, doit être bien représenté à la base. Car, c’est là où tout se passe.

Aujourd’hui, les yeux sont tournés vers les candidatures indépendantes mais feront-elles le poids ?

L’avenir nous le dira.