À 340 $ au Canada, 180 $ aux USA, les frais du passeport guinéen, atteignent un record, jamais égalé

11 octobre 2017 2:02:24
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Cet été 2017, les frais à débourser pour obtenir un passeport biométrique guinéen, ont atteint, des seuils qui n’ont jamais été enregistrés auparavant. Et pourtant, ce n’est pas à un trafic de passeports que l’on assiste, mais bien, l’œuvre de missions officielles d’un pays, délivrant des services consulaires à ses citoyens, à l’étranger.

Aucun pays connu n’a à notre connaissance, imposé un tel tarif si élevé, à ses citoyens et cela, quelque soit l’endroit, où il est livré.

La délivrance de passeports aux Guinéens, vivant aux États-Unis et au Canada, vient donc de s’achever, avec l’étape de Montréal et de Québec. Et selon les membres des différentes associations de Guinéens, tout s’est bien passé, sans incident et à la satisfaction de tout le monde.

Répartie en plusieurs équipes de 5 à 7 personnes, la mission a posé ses valises à Washington et à Ottawa. Or, pour atteindre la communauté ciblée dans ces deux villes  et des territoires assez immenses ayant des fuseaux horaires différents, à des endroits, il faut se rendre à New York, Atlanta, Chicago, aller dans l’Ohio, l’Indiana, Montréal, Toronto, Calgary, Moncton, etc…

Se déplacer dans toutes ces différentes villes requiert une petite fortune pour les individus, mais représente des miettes pour un gouvernement qui a été capable, de débourser, la bagatelle de 200 millions de dollars cash, à une société malaisienne, pour fournir des passeports, à un si petit pays. À moins de 200 millions américains, on aurait presque pu construire un barrage hydroélectrique, de la taille de Kaleta, ou du moins financer les ¾ du projet, estiment les critiques.

Comme la plupart des Guinéens, les techniciens des passeports dépêchés en Amérique du Nord, ne sont ni de près, ni de loin associés, à cette corruption généralisée qui sévit en Guinée. Ils ne sont ni ceux qui empochent les recettes, ni ceux qui gèrent les ordres de mission. Ils ne sont que des exécutants pendant une période donnée.

Arrivés à Washington et à Ottawa, les agents de l’Etat disent d’emblée, ne pouvoir effectuer des déplacements, hors de ces deux villes, car selon eux, leur ministère, n’avait pas prévu de Per diem, de moyens logistiques et financiers.

Les associations de Guinéens sont immédiatement informées. Et pour ne pas qu’un scénario qui s’était produit durant une première mission en Europe, fasse son remake, – mission au cours de laquelle les agents étaient rentrés sans finir leur travail, -un partenariat gagnant – gagnant, allait être élaboré, entre les deux parties.

Dans ce deal, de nombreux Guinéens allaient économiser en temps et en argent sur le voyage, tandis que la mission allait bénéficier de la prise en charge par la communauté, tous frais compris. Une prise en charge que les hôtes avaient su hautement appréciés, selon les dires de ceux familiers avec le dossier.

Estimé à 140 dollars par jour par une de nos sources, le per diem offert par le gouvernement par personne supporte à peine, une chambre de Motel.

Durant l’étape de Washington, une salle avait été louée dans le Maryland voisin, pour servir les Guinéens vivant dans le DMV (Washington D.C, Maryland et Virginie). Là, il fallait payer simplement, les 150 $ US et 30 autres, pour les frais consulaires, soit un total de 180 $. À rappeler que ce même passeport est obtenu à 500,000 GNFà peu près 50 Euros ou moins de 60 $ US en Guinée.

New York abritant l’une des plus fortes communautés, a été l’étape suivante. Là, le bureau des Guinéens vivant dans le New Jersey, le Connecticut et la ville de New York, avait décidé de prendre en charge, tous les frais des agents en mission.

L’effet Trump est passé par là. Sur les 10.000 Guinéens qui vivent dans cette région, seulement près de 1000 se sont fait enregistrer durant les 3 semaines de mission, selon Abdoul Diallo, le président de l’Association guinéenne. Abdoul croit fermement que l’effet Donald Trump y est passé par là, car nombreux de ses compatriotes, ne se sentiraient pas à l’aise, de nos jours à divulguer leurs identités, numéros de téléphone, adresses, aux autorités guinéennes qui subissent des pressions américaines, pour rapatrier leurs ressortissants.

« La suspicion serait un facteur majeur, qui aurait pesé pour le peu d’intérêt manifesté par la vaste majorité de ces compatriotes », a affirmé notre interlocuteur. A peu près, 1400 personnes seulement, qui vont obtenir, le nouveau document de voyage qui est seulement confectionné, à Conakry, au retour, de la mission.

Enfin, on a dénoté très peu d’engouement lors de ces missions et peu de bousculades.

Aux États-Unis, tout comme au Canada, de nombreux Guinéens devenus binationaux, ont jugé nécessaire, de simplement, renoncer, au nouveau passeport, pas par manque de patriotisme, mais à cause de son prix exorbitant.

À Atlanta et à Indianapolis, les communautés guinéennes ont entièrement pris en charge, tous les frais liés au séjour et au bien-être, comme à New York. C’était la condition posée.

Dans les autres grandes villes non desservies, ceux qui voulaient le passeport, ont pris l’avion ou un autre moyen de locomotion pour venir vers la mission.

Au Canada, les choses ont tourné, un peu différemment.

À Ottawa la capitale fédérale du Canada, avec une faible communauté guinéenne, contrairement à Montréal, Moncton, ou Toronto,- la délégation a loué, une salle à près de 7000 dollars canadiens, selon une source, qui s’est confiée à nous ; mais n’avait pas les frais de mission, de 3 jours prévus pour Moncton, Calgary, Montréal et Québec. Il semblerait que le même montant avait été dégagé pour louer une salle à Washington, une information corroborée par une source diplomatique.

À Moncton où se trouve la plus forte communauté d’étudiants guinéens en Amérique du Nord, non boursiers de l’Etat guinéen, une salle gratuite, a été mise à la disposition des délégués, contrairement à Ottawa, où 7000 $ ont été déboursés. Là-aussi, peu d’engouement, car seulement moins de 50 étudiants se sont fait inscrire et les frais se sont répartis comme suit :
-200 $ pour les frais de passeport proprement dits ;
-100 dollars par étudiant pour le Per Diem des agents de l’État ;
-40 $ de frais consulaire, soit un total de 340 $ canadiens, à peu près 300 $ U.S.

À Calgary, ce sont 325 $ au total, qui ont été demandés aux requérants (85 $ pour le déplacement par personne). Mais c’était en commun accord avec les Guinéens désirant se faire enrôler.

Marly Caba Bah, la toute nouvelle présidente de l’AGC (association des Guinéens au Canada) croit détenir dans ses données de base une liste de 3000 Guinéens, pour le nombre de Guinéens au Canada. De ces 3000, quelques 600 personnes étaient inscrites au dernier vote pour la présidence de l’AGC, -vote qui a vu son élection.

Dans la réalité, ce chiffre serait nettement inférieur à la réalité.

A Montréal, la grande métropole francophone, située à moins de 2 heures d’Ottawa, et où réside une forte communauté guinéenne, c’est un calcul qui a été fait pour diviser le montant forfaitaire au nombre d’inscrits et à la fin, les deux parties sont tombées d’accord sur 30 $, qu’il fallait ajouter par personne, aux autres frais de 200 $ pour le passeport, 40 $ de frais consulaire, soit un total de 270 $. Ici, ce sont seulement 80 individus qui ont appliqué pour le passeport.

À Québec, la capitale de la province du Québec, Marly estime à 50 Guinéens, qui avaient manifesté le désir d’avoir le nouveau passeport et qui étaient venus. Les frais de déplacement étaient de 40 dollars, pour un grand total, de 280 $.

Dans la détermination des frais pour un passeport, n’avait-on pas inclus tous les autres frais, à 280 ou 200 $ ?

Et si tous ces frais étaient justifiés, alors quelle est la raison d’avoir une ambassade ? Est-ce que la délivrance des passeports ne figure pas entre autres parmi ses tâches ?

Aux États-Unis et au Canada, puisque c’est de ces deux pays dont il s’agit, les passeports américain et canadien coûtent 100 dollars et sont valables pour 10 ans (celui de la Guinée 5 ans). Contrairement à la Guinéen, les passeports de ces pays vous donnent accès à toute l’Union Européenne, à la Suisse, au reste de l’Europe, à l’Australie et à la Nouvelle -Zélande, etc.

Il est curieux de savoir pourquoi le prix du passeport a été si élevé pour les Guinéens de l’etranger alors qu’il est deux voire trois fois moins cher en Guinée ? Pourtant, tout le matériel pour procéder à l’enrolement vient de Conakry. Dès lors, aucune dépense ne justifierait le prix élevé du passeport à moins que ne veulent abuser des Guinéens  de l’an diaspora de façon fantaisiste, déplorent les observateurs.

Guinéenews© a voulu avoir la version de la mission, mais en vain. Au moment où nous publions cette dépêche, certains membres de la mission séjournaient toujours à Ottawa.

  • CONDÉ ABOU

    Chapeau Cher compatriote, pour l’objectivité de l’analyse et la pertinence des éléments d’information. Fier du sens de la recherche et de l’investigation.

    Ceci dit, il n’y a même pas à se faire d’illusions sur la question de la gestion des Finances Publiques dans ce pays. Elle se trouve dans les tonneaux des Danaides.

    200 millions de Dollars US dans le business des passeports nationaux destinés à faciliter la circulation des citoyens de son propre pays, il faut dire que nous avons les meilleures idées au monde pour ruiner son propre pays.

    Il avait été dit que le montant des 200 millions de Dollars US portait sur un Contrat de marché public étalé sur 15 années. Sans que personne au niveau du Parlement, ni au niveau de la Justice, du Contrôle d’Etat si Contrôle il en existe encore, ne lève le doigt pour comprendre la faisabilité ou la pertinence d’un tel marché public scandaleux. Que dis-je, le contrat du siècle !

    Et qu’est-ce qui prouve que même dans les 5 années à venir, l’on ne parlera pas d’un nouveau passeport spécial Guinéen à mettre sur le marché, et qui nécessitera certainement le remplacement des passeports biométriques actuellement vendus ?

    Aucun Député, aucun Juge ni aucun Inspecteur ou Contrôleur des Finances Publiques pour dénoncer et faire arrêter la saignée scandaleuse des fonds publics, au moment où l’on continue de quémander la charité des pays riches et des partenaires au développement, il aurait fallu donner la médaille d’honneur du travail aux promoteurs de ce projet scandaleux.

    Figurez-vous la situation des personnels diplomatiques Guinéens à l’Etranger, des milliers d’Elèves et Etudiants Guinéens en formation dans des conditions financières minables à l’Etranger. Il faut dire que l’égoïsme, la course folle à l’enrichissement et la méchanceté tout court au sein de l’Administration publique en Guinée a franchi toutes les frontières de l’imagination.

    Des Forums économiques bidons à l’Etranger parce qu’ils ne donneront strictement rien du tout au pays, comme si les investisseurs internationaux ne savent pas ce qui se passe dans l’Administration publique Guinéenne ! Comme si la planète financière et les places financières du monde, ne disposent d’aucune information exacte sur ce qui se passe en Guinée en matière de réligion de l’argent et de l’enrichissement au galop !

    Comment voulez-vous que ce pays fonctionne et que la majorité silencieuse dans les 4 régions naturelles du pays, puisse espérer sortir de la mendicité et de la pauvreté absolue ? C’est impossible parce que le système en place est catastrophique et ruineux au figuré comme au propre pour les Finances Publiques.

    Nous nous mentons à nous-mêmes, à des générations entières d’enfants, et aux millions de Jeunes dont l’avenir est compromis à jamais faute de bonnes écoles sur place, de bons hôpitaux, d’infrastructures culturelles et sportives respectables, et faute de sécurité alimentaire surtout !

    Voilà où l’on en est, en dépit des mensonges et des fables sur la croissance économique. Une croissance économique qui ne sert que la propagande d’une minorité de super égoïstes et de super privilégiés qui croient que ce pays est tout simplement maudit.

    Dommage, Cher Monsieur Baldé Mouctar, mais l’avenir est sombre. Faites vérifier en Europe, les citoyens et ressortissants des pays archi pauvres comme la Guinée Bissao et la Gambie ne mettent même pas 2 semaine pour obtenir leur passeport sur place en Europe, selon toutes les sources concordantes.

    Les citoyens Maliens, Sénégalais, Ivoiriens et Ghanéens n’en parlons même pas.

    Bravo aux super Contrats de marchés publics, aux forums et autres symposiums cinq étoiles, dédiés à l’invitation des investisseurs internationaux et de la diaspora Guinéenne pour venir mettre les sous en Guinée, le pays de toutes les fables.

  • alineDK

    Sur les 200 millions de $ payes par la GUINEE, la moitie est en dessous de tables partages entres officiles guineenns et malaisiennes… qui ont servi a payer des appartements a Paris Ottawa Montareal et New York… et ces personnes on les connait bien. Alors il faut arreter un peu cette folie. Pour les senegalais leur passeport en France on te delivre le meme jour pour 31,5 € avec uen equipe permenante sur place à Paris. La CNI elle est gratuite photos meme forunis gratuitement. Et la Guinee entre 300 ET 400 $ BRAVO !