Neymar au PSG : Jeu politique ou surenchère ?

06 août 2017 15:15:06
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Ce n’est pas le sujet du jour mais Usen Bolt battu et détrôné à la réulière par Justin Gatlin, son rival le plus persévérent, est un évènement. L’hommr le plus rapide du monde, le plus adulé dans ce qu’iil fait,, comme les hommes politiques du continent, n’a pas su s’arrêter à temps. On retiendra que le roi de la vitesse a perdu sa couronne et l’invincinilité qu’il espérait pour l’éternité s’est envolée un samedi 5 août 2017 à Londres. Les tribulations et tourments de vouloir toujours tout gagner ne vont pas manquer de troubler ses nuits. C’était plus beau de savoir s’arrêter à temps ! Crédit photo : Le Parisien.

Venons en, au sujet du jour : Le baptême du feu d’un « vétéran » face aux « petits poucet » d’Amiens na pas eu lieu, la Liga espagnole a posé un lapin pour empêcher Neymar de commencer l’aventure. Les raisons et scénarios possibles, on se perdrait en conjectures. Posons cependant des Hypothèses interrogatives : Premièrement, la Liga a-t-elle mal gobé la pullule de ce transfert faramineux mais largement insuffisant, au vu de ce que ce transfert est en train de rapporter au PSG (10 millions de maillots à 140 euros/pièce vendus en deux jours), rien que ça d’abord, ce qui est une perte à évaluer dans les prochains jours pour Barcelone ? Deuxièmement, les Emirats sont en froid politiquement avec le Qatar dans la crise du Golfe, mais ils sont propriétaires ( ?) et sponsors, Fly Emirats, de Barcelone et du PSG qui, lui, appartient au Qatar. Les choses s’emmêlent, s’enchevêtrent et s’imbriquent.

Les Emirats arabes pourraient avoir mal pris d’être supplantés dans ce transfert par la Qatar et la Liga pourrait faire semblant de tergiverser en critiquant le fair-play financier pour retarder les formalités d’un transfert devenu inéluctable. On voit que jouer à ce jeu peut rapporter de gros et consistants suppléments. En effet, plus le suspens et les rebondissements sont entretenus autour de ce transfert, plus la polémique autour de Neymar fait renflouer les caisses du PSG. Ceux qui ne se sont pas encore intéressés à cet imbroglio vont se décider à venir grossir le rang des supporters et fans. Dire que rien la vente des maillots de Neymar pourrait rattraper le montant de la clause libératoire n’est pas hasardeux et exagéré, au vu de l’engouement en France, qu’en est-il en Chine, au Japon, en Inde et ailleurs ? Le PSG semble aussi se plaire à ce jeu d’autant que contre Amiens sans Neymar dans ses rangs n’a aucune influence négative, le PSG a gagné 2-0, dont un but de Pastore, le numéro 10 en titre. On était curieux de voir comment le coach du PSG, Una Nemri, allait repositionner son dispositif tactique, partie remise.

Enfin, la question supplémentaire qu’on pourrait se poser est de savoir si la Liga a des dividendes à toucher dans ce le retard de ce transfert rapporterait comme « nèm-nèm », à moins qu’elle n’ait tiré les marrons du feu en pinaillant pour rien.

Jeu politique ou surenchère, qu’en est-il dans la réalité de cette affaire ?

  • CONDÉ ABOU

    Cher Monsieur Moise Sidibé, ce dossier du transfert de Neymar Da Silva est derrière nous. Il a été définitivement bouclé depuis Jeudi dernier aux environs de 21heures 30 en heures Françaises.

    Le Brésilien a effectivement payé Jeudi au FC Barcelone sa clause libératoire de 222 millions d’Euros. Quelques heures plus tard, le PSG a officialisé son transfert.

    Erwan Le Duc, du Journal Le Parisien, a trouvé la bonne formule en disant que depuis plus de deux semaines, le feuilleton du transfert de Neymar da Silva Santos Junior du FC Barcelone vers le Paris Saint-Germain a alimenté la chronique sportivo-médiatico-économique avec une régularité et un sens du suspense dignes d’une Telenovela brésilienne.

    Depuis Jeudi soir, vers 21h30, le PSG a publié un Communiqué de presse annonçant la signature de la star brésilienne, qui a paraphé un contrat de cinq ans. Il devrait théoriquement donner une conférence de presse Vendredi à 13h30, au Parc des Princes en compagnie de Nasser Al-Khelaïfi, président du PSG, et sera présenté au public à partir de 15h45 Samedi, avant le premier match de la saison en Ligue 1 du club de la capitale, à domicile face au promu Amiens (17h).

    « Je suis extrêmement heureux de rejoindre le Paris Saint-Germain », explique Neymar, cité par le PSG. « Depuis mon arrivée en Europe, ce club est devenu l’un des plus compétitifs et les plus ambitieux. Le plus grand challenge, ce qui m’a motivé à rejoindre mes nouveaux coéquipiers, est d’aider le club à gagner les titres dont ses supporters rêvent. L’ambition du Paris Saint-Germain m’a séduit, autant que la passion et l’énergie qu’il suscite ». Son nouveau Président a déjà exprimé son « immense joie et beaucoup de fierté ».

    Cet épilogue vient conclure une nouvelle journée agitée pour le Club Parisien, puisque le refus de la Ligue espagnole de football d’enregistrer le paiement de la clause libératoire du joueur, prélude nécessaire à la rupture de son contrat avec le FC Barcelone, avait compliqué les choses dans la matinée.

    Les représentants de Neymar, qui devait régler lui même la somme de 222 millions d’Euros, avancée par le PSG, ont fini par solder ce compte directement auprès du club Catalan, qui l’a confirmé en fin de journée.

    Qu’en-est-il des réactions en France, dans les milieux politiques, y compris à l’Élysée, et dans le show biz ? Voici, ce qu’avait rapporté l’un des plus prestigieux quotidiens Français, Le Parisien, pour marquer l’évènement:

    D’abord le Président Emmanuel Macron, s’en félicite énormément. Ce qui a d’ailleurs étonné, plus d’un observateur, au regard du montant faramineux en jeu.

    «Félicitations, j’ai compris qu’il y avait de bonnes nouvelles.» Au côté du Président du PSG Nasser Al-Khelaïfi, Emmanuel Macron n’a pas manqué de saluer l’arrivée de Neymar à Paris, Jeudi matin lors de sa visite à Moisson (Yvelines).

    Le Président de la République était en compagnie de la joueuse du club parisien Laure Boulleau et des handballeurs Luc Abalo et Thierry Omeyer sur une base de loisirs où sont notamment organisés des stages de vacances financés par la Fondation PSG. «C’est l’attractivité de la France», a souligné le Président de la République dans la foulée de son ministre des Comptes publics.

    «Il vaut mieux que ce joueur de football paie ses impôts en France plutôt qu’il ne les paie ailleurs, a expliqué Gérald Darmanin sur France Inter. Quand on est Ministre de la République, on a un devoir qui consiste à défendre les intérêts de l’Etat. Et les intérêts de l’Etat, c’est que les gens paient des impôts en France.»

    René Ruello, Président du Stade Rennais : «On a un problème de rapport à l’argent».
    «Je trouve ça formidable pour le foot français. Cela ne fausse pas le championnat, cela ne peut que hisser notre football. J’ai lu une chronique récemment qui comparait le salaire de Neymar à celui d’autres personnes. Cela n’a pas de sens ! Le PSG peut même le payer le double, ce n’est pas mon problème ! Je préfère voir Neymar au PSG qu’à Barcelone.

    Quand il joue là-bas, tout le monde s’extasie sur ses exploits et quand il vient en France, ça chagrine les gens… Chez nous, on a vraiment un problème de rapport à l’argent. Si on pense ne pas pouvoir jouer sur le même terrain, il faut d’autres arguments. C’est comme si vous draguiez une fille avec Alain Delon à vos côtés… Il faut tirer le football vers le haut car ce n’est pas vers le bas qu’on fait rêver les gens.»

    Stéphane Célérier, producteur de cinéma, Patron de la Société Mars Films : «Être choqué, c’est une réaction primaire».

    «Être choqué par le montant du transfert, c’est une réaction aussi primaire que de trouver malsain le salaire des acteurs stars. Si quelqu’un est d’accord pour payer cette somme, c’est qu’il estime qu’elle est justifiée. Les médias retiennent ces chiffres astronomiques, mais il faut prendre en compte les retombées économiques. Il y a sans doute des intermédiaires qui touchent trop d’argent, mais l’arrivée de Neymar va créer une dynamique.

    De la même façon qu’un film de Dany Boon qui coûte des millions d’euros crée énormément d’emplois et d’activité économique. En termes d’image, l’impact du transfert de Neymar est déjà là : je suis dans l’Ontario au Canada et les gens ne me parlent que de ça ! On ne peut pas se plaindre du fait que la France n’a pas de championnat aussi performant que l’Italie ou l’Espagne et s’indigner du montant de l’achat de Neymar.»

    Eduardo Rihan Cypel, Franco-Brésilien, député PS 2012-2017. Ancien capitaine de l’équipe de France des parlementaires : «Une rationalité économique»

    «En tant que fanatique de foot et en particulier du PSG, je suis comme un gamin heureux devant un très grand joueur. Il est immense. Alors certes, on peut se dire que ce n’est pas raisonnable, ce règne du tout fric dans le foot, mais derrière ça il faut voir une rationalité économique, dans une logique capitaliste.

    Neymar ce n’est pas uniquement un mec payé des millions qui court derrière un ballon sur une pelouse. C’est un investissement qui va engendrer d’importantes retombées économiques. Il va valoriser l’image de marque du PSG, renforcer l’attractivité de la capitale et de la France. Et puis, les ventes de ses maillots vont forcément exploser.

    Franchement, mettez-vous à la place de tous ces gosses de France qui ne pourront qu’être heureux en le voyant jouer. Ce sera un pur bonheur et ils ne penseront pas à l’argent.»

    Daniel Cohn-Bendit, ex-Député Européen (Verts), lui, a une toute autre lecture de l’évènement : «Je suis schizo». «Sur le transfert de Neymar, je dois confesser ma schizophrénie. Le voir évoluer au PSG me fait très plaisir, c’est un grand joueur et on verra s’il acquiert la dimension des supergrands. Mais, comme dirait Emmanuel Macron, je suis effaré des sommes annoncées. 222 millions, c’est n’importe quoi.

    Avec ce transfert, nous sommes dans la folie pure. Il n’y a plus aucun rapport entre la valeur d’échange du joueur et sa valeur d’usage. Le football a perdu pied avec la réalité.

    Le système est malade, malsain, avec des entourages mafieux à la manoeuvre, comme on le voit avec le père Neymar. Je suis inquiet pour l’avenir : quel est l’intérêt d’une Ligue des champions se disputant entre quatre ou cinq clubs, et des championnats où les mêmes gagnent toujours ? Si on veut garder un peu de magie et éviter que le fossé ne se creuse encore plus entre les petits et les grands, radicalisons les règles du fair-play financier.»

    ET POUR LA SUITE ? PEUT ETRE QUE LE PLUS DUR COMMENCE, SELON PHILIPPE LOPEZ DE L’AGENCE FRANCE PRESSE

    Pour éviter la sortie de route, et faire honneur à la devise parisienne du Fluctuat nec mergitur, le PSG devra à priori augmenter ses revenus (billetterie, merchandising, droits télévisés, partenariats…) mais aussi alléger sa masse salariale, et donc vendre plusieurs joueurs.

    C’était prévu pour certains devenus indésirables, comme l’Ivoirien Serge Aurier, l’Espagnol Jesé, le Français Hatem Ben Arfa ou le Polonais Grzegorz Krychowiak. Beaucoup moins pour d’autres, dont certains restent des cadres de l’équipe, comme les Argentins Angel Di Maria et Javier Pastore ou le Français Blaise Matuidi.

    Peut-être que le plus dur commence pour le PSG. Merci pour la courtoisie de Guineenews.